Une vingtaine de personnes représentant la junte guinéenne (CNDD) sont à Ouagadougou depuis le 9 novembre 2009 dans le cadre des pourparlers. Ils ont été reçus hier par le facilitateur, Blaise Compaoré, soit une semaine après le Forum des forces vives (FFVG).
Ces missi dominici de Dadis vont remettre à ce dernier un document qui résume leurs propositions. Ce sera pour aujourd'hui même 11 novembre. Un document qu'ils ont d'ailleurs amené de Conakry, mais qui devra, après cette rencontre avec le facilitateur, connaître quelques toilettages.
« On n'est pas venu pour défendre une position, mais pour défendre la vérité, la démocratie la justice et l'avenir du pays ». Propos de Moussa Keita, bombardé colonel récemment et patron des envoyés spéciaux du CNDD dans la capitale burkinabè. On l'aura constaté, le chef de mission de cette délégation ne verse ni dans la polémique ni dans des positions tranchées, mais cultive plutôt les circonvolutions diplomatiques.
Moussa Keita a confirmé ce que nous écrivions dans notre Grille de lecture du 10 novembre 2009, à savoir que la discordance des tonalités n'était pas permise : « La voix » du CNDD est censée être unique. A l'évidence, ça l'est et il ne pouvait en être autrement puisque vraisemblablement, avant d'atterrir à Ouagadougou, la vingtaine de personnes a fait le pèlerinage du camp Alpha Yaya, question d'harmoniser les choses et surtout d'éviter le cafouillage constaté avec les FFVG.
Ainsi une seule voix, celle du colonel Moussa Keita était audible. Même Chérif Idriss, le ministre de la communication à la présidence, évite les caméras et le dictaphones ; en off il s'exprime mais le porte-parole de la délégation, c'est bien le colonel Moussa Keita qui est d'ailleurs assez sympathique et d'un abord facile. Avant le début des travaux, hier sur le coup de 18 heures, ce dernier laissera entendre que « notre attente est très grande...nous espérons trouver avec le facilitateur une solution à cette crise ».
1h45 après, c'est-à-dire à la fin de la réunion avec Blaise Compaoré dans la salle polyvalente du palais présidentiel, le secrétaire permanent du CNDD dira, face aux moult questions de la presse, que « pour le moment c'est une prise de contact....on fera tout dans la transparence. ». Au sujet de la transition et du partage du pouvoir, Moussa Keita lâchera : « Nous avons été les premiers à proposer cela ...aucune question ne sera occultée... ».
Quant au facilitateur au sortir de ces échanges, il a dit mutatis mutandis ce qu'on en avait entendu le 3 novembre dernier avec les FFVG : « J'ai eu l'occasion de les écouter, de faire une évaluation de la situation, mais aussi de m'indiquer leur détermination à s'inscrire dans le dialogue politique... ils auront quelques heures de travail pour finaliser le document sur les grandes questions que sont la transition, la nouvelle autorité de cette transition, le chronogramme des activités, la question relative au gouvernement qui doit présider à la conduite des activités pratiques de cette transition... je leur ai donné rendez-vous aujourd'hui (NDLR : 11 novembre 2009) ».
Une transition avec ou sans le président Dadis ? Réponse de Blaise : « Nous sommes là pour introduire un dialogue qui va porter sur ces questions ». Aujourd'hui donc, le document remanié du CNDD sera entre les mains du médiateur qui devra pouvoir commencer la confrontation des deux mémorandums en vue de ce qui va ressembler à un préaccord.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Quelques membres du CNDD présents à Ouaga
Colonel Moussa Keita, secrétaire permanent du CNDD
Commandant Kéléty Faro
Colonel Siba Nohanamou, ministre de la Justice, garde des Sceaux
Colonel Bourama Condé, ministre de l'Agriculture et de l'Elevage
Colonel Mamadou Aliou Sow, coordonnateur des commissions techniques du CNDD
Colonel Mathurin Bangoura, ministre des Télécommunications
Alexandre Ceceloi, ministre des Affaires étrangères
Fréderick Kolié, ministre de l'Administration et des Affaires politiques
Mamadou Condé, secrétaire d'Etat à la présidence
Chérif Idriss ministre de la Communication à la présidence
Kadiatou Diallo, assistante du président Dadis Camara
Me Alfred Mathos, vice-président du comité des Audits
Alpha Souleymane Bah, vice-président du Parti national pour le renouveau (PNR)
Niépou Traoré, 2e conseiller diplomatique du chef de l'Etat