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Sortie de crise en Guinée - Le camp Dadis favorable au partage du pouvoir

Sidwaya (Ouagadougou)
11 Novembre 2009
Par Lassané Osée Ouedraogo

La délégation de la junte guinéenne a rencontré le Président Blaise Compaoré hier en fin de soirée. Arrivée à Ouagadougou le lundi 9 novembre, c'est le lendemain qu'elle a entamé les échanges avec le facilitateur Blaise Compaoré. Au terme d'un huis clos de deux heures environ, la délégation a quitté Kosyam avec pour consigne de présenter à Blaise Compaoré un document de propositions concrètes pour la sortie de crise.

Comme avec les forces vives, c'est la salle polyvalente de Kosyam qui a offert son cadre aux représentants de Moussa Dadis Camara. La délégation guinéenne est composée de 18 officiels dont deux femmes. Elle a à sa tête le colonel Moussa Keyta, secrétaire permanent du CNDD. Sollicité par les médias,

Le camp Dadis Camara en concertation avant l'entame des travaux.

le chef de la délégation déclare : «Nous espérons vraiment trouver une solution à la crise actuelle qui frappe notre pays. Nous espérons que les deux parties sont disposées à trouver le consensus pour sauver la nation guinéenne. Nous avons des solutions à proposer pour une sortie rapide de crise». La composition de la mission du CNDD semble décliner à elle seule sa tactique de «combat». Au moins cinq technocrates parmi lesquels Alexandre Cecelona, ministre des Affaires étrangères qui, depuis un certain temps, intervient sur les antennes des médias internationaux, le non moins coté Idrissa Cherif, ministre de la Communication à la présidence et au ministère de la Défense nationale et conseiller spécial du président, Frédéric Kolie, ministre de l'Administration et des Affaires politiques, le Dr Djéliman Kouyaté, conseiller politique au ministère de la Défense nationale, etc., près d'une demi-douzaine d'officiers de haut rang (membres du gouvernement) comme le colonel Mamadou Aliou Sow, coordonnateur du CNDD, le colonel Mathurin Bangoura, ministre des Télécommunications et des Nouvelles technologies, le colonel Lahalamou Siba, ministre de la Justice, Garde des sceaux, le commandant Kelety Faro, ministre, secrétaire général à la présidence, le colonel Bouréma Condé, ministre de l'Agriculture et de l'Elevage, etc., et des consultants comme Ali Manet et Saïdou Dioubaté, des conseillers auprès de la présidence.

Tous étaient installés lorsque, aux environs de 17 heures 40, le Président du Faso Blaise Compaoré a fait son entrée.

Au présidium prennent place aux côtés du facilitateur : l'ambassadeur Léandre Bassolet, représentant du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ibrahima Fall, représentant de la commission de l'Union africaine, Minata Samaté, ministre déléguée chargée de la Coopération régionale, le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères.

Comme à la première rencontre de facilitation, le scénario est répété, comme pour respecter le parallélisme des formes. Les journalistes et les photographes, les cameramen sont poliment priés, par Blaise Compaoré lui-même, de libérer les lieux. Devait commencer pour les scribouillards, une attente de plus de deux heures au grand air d'une clémence vespérale de Kosyam.

C'est aux environs de 19 heures 30 que, sorti de la salle, Blaise compaoré fait un bref compte rendu à la presse. Le président du Faso a prêché le dialogue et la nécessaire évolution vers la sortie de crise. Dès ce mercredi 11 novembre, des propositions doivent lui être soumises par la junte. Elles prendront sans doute en compte les recommandations faites au facilitateur par la CEDEAO et l'Union africaine à savoir : mettre en place une nouvelle autorité de transition pour assurer une transition courte et pacifique vers l'ordre constitutionnel par des élections crédibles, libres et transparentes ; s'assurer que ni le Président et les autres membres du CNDD, ni le Premier ministre de même que ceux qui occuperont des postes de haute responsabilité dans la nouvelle autorité de transition ne seront candidats à la prochaine élection présidentielle. Elles n'omettront pas non plus les dispositions sécuritaires et humanitaires indispensables à prendre pour un retour à la paix dans les rues de Conakry et dans le reste de la Guinée, toutes choses sur lesquelles les forces vives avaient mis le doigt comme étant primordiales.

Hortense ZIDA

Blaise Compaoré, Président du Faso : "J'ai souhaité la bienvenue à ces distingués dirigeants de la Guinée et salué la disponibilité du président Dadis Camara et du CNDD pour le dialogue en vue de trouver une solution politique à la crise guinéenne. J'ai eu l'occasion de les écouter et de faire une évaluation de la situation. Ils ont montré à nouveau leur disponibilité à s'inscrire dans le processus du dialogue politique.

Je leur ai donné rendez-vous demain, car ils auront quelques heures à passer à Ouagadougou pour finaliser le document sur les questions de la transition à savoir, la configuration de l'autorité nouvelle de transition, le chronogramme des activités. Nous sommes là pour introduire un dialogue".

Colonel Moussa Keyta, ministre, secrétaire permanent du CNDD: "Pour le moment, c'est le premier contact. Nous avons introduit tout simplement et les échanges vont se poursuivre demain. Certainement, nous allons évoquer le fond des questions ensemble. Ce soir, nous nous sommes étalés sur la manière dont les échanges vont évoluer et ensuite les inquiétudes, les préoccupations de la délégation sur

la situation des échanges. Les choses vont se passer dans un esprit de dialogue. Nous avons dit au médiateur que le président guinéen est disposé au dialogue, afin de trouver une solution rapide de sortie de crise. Aucune question ne sera occultée et nous comptons livrer les résultats de nos travaux à travers une conférence de presse à Ouagadougou avant notre départ".

Alexandre Cecelona, ministre des Affaires étrangères: "Nous sommes venus avec un esprit de dialogue. Pour les premiers moments, nous avons écouté un exposé introductif du président du Faso sur les grandes lignes, les enjeux de la réussite de médiation pour sortir le pays de la situation actuelle. A la suite de cet exposé, le chef de la délégation guinéenne a présenté le dossier et ses grandes lignes. Il y a eu des échanges

au cours desquels certains membres de la délégation sont intervenus. Les fruits de ces échanges seront consignés dans un document qui va être signé par le médiateur. Au cours de son exposé, le président du Faso a aussi situé la crise guinéenne dans le contexte international. Vous savez que maintenant les sanctions viennent de partout comme la CEDEAO, l'Union africaine, l'Union européenne et d'autres partenaires. Tout cela est de nature à nous amener à réaliser que nous sommes obligés de trouver une solution. Nous n'avons pas souhaité ce qui est arrivé, mais quand quelque chose se passe dans un pays, le pouvoir est le premier interpellé. C'est pourquoi la responsabilité première nous incombe.

Toute une batterie de mesures sont donc mises en place : des commissions nationale et internationale d'enquête ont été installées et une coopération avec le Tribunal pénal international en cas de besoin. Ceux qui veulent que le président Dadis Camara quitte le pouvoir ne sont pas réalistes. On ne peut pas commencer la négociation par demander le départ du pouvoir. Dans ce cas, ils vont négocier avec qui ? Dans une négociation, il y a toujours deux parties. Il faut chercher à comprendre pourquoi l'armée a pris le pouvoir".

Mme Niépou Traoré, deuxième conseiller aux affaires diplomatiques et politiques du président de la république : "Tout le monde se réjouit du bon début des travaux. Jusqu'à présent, le président du Faso a réussi toutes les facilitations qu'il a eu à faire et nous espérons qu'il va réussir une sortie de crise en Guinée. Quand on fait des médiations, il faut toujours faire des concessions".

Propos recueillis par


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