Le congrès américain a voté l'annulation de l'éligibilité de Madagascar dans le cadre de l'AGOA. Le départ des investisseurs est à craindre.
Calamité dans le textile. Plus de 500 000 emplois directs et indirects risquent d'être supprimés d'un coup, à moins que Barack Obama, président des États-Unis change le cours de l'histoire. Le congrès américain, quant à lui s'est prononcé. Cette structure a voté vendredi dernier la suspension de l'éligibilité de Madagascar dans le cadre de l'Africa growth opportunity act (AGOA), quelques jours avant le 15 décembre, « deadline » annoncé par l'ambassadeur Niels Marquart. « Si l'on se réfère au vote du congrès américain effectué vendredi dernier, nous avons perdu l'Agoa. Cependant, nous attendons encore la déclaration officielle de Barack Obama » explique Jeannot Rakotomalalasolo, un membre du comité des travailleurs pour la défense du maintien de l'Agoa.
Perte de compétitivité
Face à la situation, le comité entend interpeller les dirigeants et tous les partis politiques à voir de près le sort des employés concernés par cette mesure. « Ce ne sont pas des menaces, nous voulons seulement faire part de notre angoisse quant à la fermeture des entreprises dans lesquelles nous travaillons » annonce Benja Aimé, un employé auprès d'une zone franche.
Ne bénéficiant plus de l'AGOA, les produits provenant de Madagascar seront moins compétitifs sur le marché américain par rapport à ceux des autres pays qui bénéficient de l'exonération des taxes douanières. Le risque de se voir lâcher par les investisseurs est gros.
Outre le départ des investisseurs qui équivaut à la suppression des emplois, la baisse des entrées de devises dans la caisse de l'Etat est un des impacts directs de la suspension de l'AGOA. « Le textile apporte 60% de devises à Madagascar. Et, 80% des exportations textiles sont tournées vers le marché américain. On ne peut pas négliger ce marché, compte tenu de sa contribution dans l'économie nationale » ajoute un autre membre du comité des travailleurs pour la défense du maintien de l'AGOA.
Au cas où le président Obama prend la même position que le congrès, Madagascar devra attendre décembre 2010 pour espérer être rééligible à l'Agoa. Le maintien de l'éligibilité a été remis en cause au mois de mars, après le changement non démocratique du régime. Le respect de la démocratie étant un des critères importants de l'AGOA.