S'il y a une loi qui suscite des inquiétudes actuellement au sein des paysans, c'est bien celle portant régime foncier au Burkina Faso, qui a été adoptée par l'Assemblée nationale, le 16 juin 2009. C'est pour donner l'information juste que la Confédération paysanne du Faso a organisé des tournées de sensibilisation dans les 13 régions du Burkina du 15 au 19 décembre 2009.
Faisant le point des tournées, le président de la CPF, Bassiaka Dao, a indiqué que les éclairages ont porté sur des points tels la répartition du domaine foncier national, les catégories de terres rurales, les attestations de possession et titres de propriétés, les droits d'usage, les institutions de sécurisation et leur rôle, la prise en compte du genre, etc. Au cours de la conférence de presse tenue le 21 décembre dernier à Ouagadougou, il a aussi expliqué aux journalistes les inquiétudes légitimes exprimées par les producteurs. De façon générale, les paysans se demandent si les frais d'établissement seront à la portée des exploitations familiales et si leurs titres de propriété ne seront pas sujets à une quelconque taxation plus tard. Il est aussi ressorti l'inquiétude d'une éventuelle accaparation des terres cultivables par les agrobusinessmen.
A ces préoccupations, la CPF a donné des explications et indiqué aux producteurs que la loi ouvrait la voie à une nouvelle ère dans la gestion du foncier rural. Ce faisant, certaines pratiques doivent être abandonnées pour minimiser les conflits terriens. Cependant, selon le président de la CPF, Bassiaka Dao, les producteurs ont souhaité que la loi soit vulgarisée au maximum dans toutes les régions et qu'elle soit traduite dans les langues nationales pour une meilleure appropriation de ses dispositions. En tout état de cause, la CPF se tiendra toujours aux côtés de ses membres à la base pour défendre leurs intérêts.