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Afrique: Les premiers pas de Bonn, après 3 jours de négociations

Par Sidy Gaye,

15 Décembre 2000


Bonn, Allemagne — Les pays du Tiers monde et leur partenaires du Nord développés ont entamé, vendredi, dans le cadre d'un groupe informel, des négociations devant arrêter d'un commun accord, les critères par lesquels seront validés les Plans d'actions de lutte contre la désertification, soumis pour financement à la communauté internationale.

Ces discussions "exploratoires" préparent une rencontre "de trois semaines", programmée entre février et avril prochains, afin de démarrer, enfin, le processus d'examen des premiers Plans d'action finalisés par des pays et organismes régionaux et jusqu'ici en attente de financement.

Cette décision est présentée comme une "avancée appréciable" par toutes les parties engagées, depuis mardi à Bonn, dans des négociations pour la mise en oeuvre diligente de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification.

On rappelle que M. Hama Arba Diallo, secrétaire exécutif de la convention, s'était félicité, lundi, à l'ouverture de cette quatrième conférence des parties pour la mise en oeuvre de la Convention mondiale sur la désertification, qu'un total de "31 pays, parmi lesquels 17 africains, avaient finalisé et effectivement transmis leur plan d'action national de lutte contre la désertification".

Il avait regretté, cependant, que jusqu'à la session de Bonn, "pas un seul n'avait bénéficié d'une initiative concrète de la part des bailleurs de fonds".

Le secrétariat de la Convention précise que ces Plans d'action sont au coeur de la Convention et constituent le cadre conceptuel et juridique à sa mise en oeuvre aux échelons régional, national et local.

Ils permettent aux pays touchés d'informer leurs partenaires de leurs stratégies et efforts de lutte contre la désertification et de leurs besoins de financement.

La délégation française, qui préside le groupe européen, a déclaré à la PANA que "ce blocage apparent, s'expliquait uniquement par des questions procédurières et non, par une quelconque absence de volonté politique" de la part des partenaires du monde développé.

"Nous n'avons pas attendu la Convention pour appuyer concrètement sur le terrain les actions de lutte contre la désertification et chacun peut s'en rendre compte en visitant les pays sahéliens par exemple", a dit le délégué français, qui accepte de parler au nom de son pays et de l'Europe, "sans être cité nommément".

Ce qui a retardé le processus, a t-il indiqué, "c'est plutôt l'obstination de certains délégués du groupe des 77 à prendre prétexte d'un besoin réel d'une tribune parallèle pouvant abriter les discussions sur les Plans d'action pour imposer à tous l'idée de la création d'une quatrième structure, à coté du secrétariat de la Convention, de son comité scientifique et du mécanisme global".

"Nous avons dit non et nous ne l'accepterons pas, parce que nous sommes convaincus que l'argent, ainsi gaspillé à entretenir une administration supplémentaire, pourrait servir plus utilement sur le terrain".

"Depuis notre arrivée à Bonn, poursuit le délégué français, nous étions disposés à ouvrir des mardi, ces échanges de vue sur les Plans d'action. Mais les même délégués du Groupe des 77 ont continué à vouloir rendre pérenne le simple comité ad'hoc initialement prévu. C'est seulement pour aider les travaux à avancer que nous avons accepté finalement l'idée de cette rencontre inter-sessions supplémentaire de trois semaines, entre février à mars prochains".

"La France, a elle seule, consacre 200 millions de FR par an à la lutte contre la désertification. L'Allemagne, pays hôte de la Convention appuie plus 250 projets en cours de réalisation. Le Fonds Mondial de l'Environnement (FEM ou GEF), que récuse le Groupe des 77, a déjà consacré 350 millions de dollars à la lutte contre la dégradation des sols, en appui aux actions préventives contre la désertification et le déboisement.

"Où se trouve le problème alors", demande le délégué français?

En vérité, a t-il conclu, " trop de faux problèmes sont soulevés sans que ne soient clairement expliquées les véritables motivations. Des fonds sont effectivement investis quotidiennement dans la lutte contre la désertification. Ce qui fait surtout défaut, c'est leur utilisation efficiente au profit des populations qui en sont les véritables destinataires, et la rationalisation des circuits de financement".

Les observateurs rappellent, cependant, que les 350 millions de dollars accordés depuis 1991 par le GEF à la lutte contre la dégradation des sols, représentent le tiers environ des 991 millions de dollars affectés, dans le même temps, à des projets sur la biodiversité.

Ils sont sans commune mesure également avec les 881 millions de dollars ayant servi, dans le même temps, au financement de plus de 220 projets liés à la Convention sur le climat.

Sans compter l'action catalyseur qu'un tel engagement a eu sur les institutions d'aide au développement et les organismes d'aide bilatérale.

C'est toute la nuance séparant aujourd'hui à Bonn, les deux positions de négociation entre le Nord et le Sud qui ont surmonté leurs divergences méthodologiques au terme de leur première semaine de discussions, pour mieux passer demain samedi, sur le fond de leurs dossiers.

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