24 Janvier 2001
Dakar, Sénégal — Quelque 170 Organisations Non Gouvernementales et représentants de la société civile africaine et internationale, ont recommandé que l'esclavage, le commerce des esclaves et la colonisation, soient déclarés crimes contre l'humanité.
Cette recommandation est contenue dans un document intitulé la "Déclaration de Dakar", qui a été adoptée mardi dans la capitale sénégalaise, à l'issue d'un forum organisé les 20 et 21 janvier.
Cette déclaration a été présentée lors de la rencontre régionale africaine qui se termine ce mercredi.
La conférence de Dakar rappelle t-on est chargée de préparer le document exposant la position du continent pour la conférence mondiale sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance, qui doit se tenir à Durban en Afrique du Sud, du 31 août au 7 septembre 2001.
Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Mary Robinson, a assisté à la conférence africaine, ouverte lundi par le président sénégalais Abdoulaye Wade.
Dans cette déclaration, les ONG ont demandé à la conférence africaine qui s'achève mercredi soir, de "reconnaître et déclarer l'esclavage, le commerce des esclaves et la colonisation, dont le continent et la Diaspora ont souffert, crimes contre l'humanité".
Elle demande la reconnaissance du droit des africains du continent et de la Diaspora, à "une compensation juste et équitable".
La position des ONG s'oppose à celle du président Abdoulaye Wade qui, dans son discours d'ouverture le jour précédent, a soutenu que le racisme n'était plus "un problème majeur" du monde actuel.
Me Wade a choqué l'assistance en exprimant son désaccord personnel avec ceux qui revendiquent actuellement une compensation financière au nom de la race noire, qui a souffert énormément du racisme.
Ces propos n'ont pas été bien reçus par plusieurs participants, y compris certains membres de la délégation sénégalaise.
Un membre de l'équipe qui prépare le projet de document final de la conférence, a dit à la PANA que la rencontre de Dakar pourrait suggérer la création d'un mécanisme de compensation pour les victimes de l'esclavage et un fonds de compensation pour le développement.
La déclaration de Me. Wade a également été accueillie avec réserve par les Organisations Non Gouvernementales de défense des droits de l'homme, qui agissent en faveur de réparations à l'égard des noirs qui ont souffert énormément du commerce des esclaves et de l'esclavage.
Les ONG ont invité tous les Etats africains, à ratifier les conventions liées à l'esclavage, au racisme, à la discrimination raciale, à la xénophobie et à l'intolérance naissante et à "harmoniser leur législation avec lesdits traités".
Elles ont aussi demandé aux gouvernements africains, de prendre des mesures en faveur d'une application pratique de ces législations.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2001 Panafrican News Agency. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.