Addis Abeba, Ethiopie — Les deux jours d'émeutes qui ont suivi les manifestations pacifiques des 10 derniers jours organisées par les étudiants de l'université d'Addis Abeba pour revendiquer une plus grande liberté, ont provoqué la mort d'au moins dix personnes et la fermeture de l'université pour une durée indéterminée.
Les autorités éthiopiennes ont également fermé jusqu'à lundi, toutes les écoles primaires et secondaires de la capitale où la tension a dégénéré depuis le début de la grève des étudiants, le 10 avril.
Les étudiants des écoles secondaires se sont joints aux manifestations mardi et mercredi, suivis dans la foulée par des vandales et des dizaines de milliers de jeunes au chômage.
La foule s'est livrée au saccage, détruisant les biens publics et privés, dont des véhicules en stationnement dans la rue.
Des vandales munis de pierres ont réduit en morceaux les vitres des bâtiments publics, dont le ministère de l'éducation, les boutiques et bureaux situés dans le principal campus de Sidist Kilo et dans le campus de la faculté des sciences à Arat Kilo.
Au moins 15 véhicules stationnés à l'intérieur du ministère et de nombreux autobus ont été brûlés.
Les vandales ont également pillé les boutiques placées aux abords de l'université et le principal centre commercial de la ville, Addis Ketema, installé à quelque 10 km de l'université.
Des témoins ont déclaré avoir vu plusieurs pilleurs abattus sur place après les sommations de la police en vue de disperser la foule.
Ils ont affirmé à la PANA avoir vu environ 15 ambulances faisant la navette entre l'école Menelik II, située entre le campus principal et la faculté des sciences, et les différents hôpitaux qui transportaient des étudiants blessés.
Malgré les informations de la presse privée locale qui font état d'environ 20 morts dans ces émeutes de mercredi, une vérification au niveau de Tikur Anbessa Hospital - l'hôpital universitaire - a confirmé mercredi nuit que seuls 10 corps y ont été transportés.
Les témoins ont vu la salle d'urgence de l'hôpital remplie de blessés, touchés par des balles ou des pierres.
Par ailleurs, le gouvernement a publié un communiqué mercredi nuit accusant des groupes politiques et des militants des droits de l'homme, dont les noms n'ont pas été divulgués, d'avoir incité les vandales à profiter des troubles des étudiants pour saccager Addis Abeba.
Il a mis en garde les partis politiques et autres groupes de l'opposition contre les "conséquences terribles s'ils persistent à encourager l'anarchie dans le pays en incitant les vandales et les chômeurs à se livrer au pillage".
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