28 Avril 2001
Gaborone, Botswana — Un responsable de la télévision publique du Botswana (BTY) a démissionné vendredi pour protester contre ce qu'il a qualifié de grossière ingérence du gouvernement dans le fonctionnement de la station.
Dans sa lettre de démission, Briton Chris Bishop, qui était responsable de la section d'information et des affaires courantes, a déclaré qu'il ne pouvait plus travailler au regard du degré atteint par l'ingérence du gouvernement dans la marche de la station.
"Je ne peux plus gérer un service d'information télévisuelle soumis à un tel degré d'ingérence. J'ai le sentiment que non seulement cela rend impossible toute gestion des informations télévisées, mais encore qu'il en résulte une sorte de déni des droits des contribuables qui sont les véritables propriétaires du service", a déclaré Bishop.
Les autorités botswanaises, violant les engagements qu'elles avaient pris l'année dernière, lors de son recrutement, ne lui auraient pas laissé le champ assez libre pour travailler en toute indépendance.
Il a révélé que ses collègues de la station avaient également été soumis à la censure du gouvernement.
"Les journalistes de BTV et moi-même avons souvent dû subir les tracasseries du pouvoir."
Bishop a indiqué qu'il aurait, à plusieurs occasions, reçu des menaces voilées pour un certain nombre de reportages que la station avait effectués. Il a aussi révélé que les services de la présidence étaient sur le point d'envoyer auprès de la BTV, un agent chargé de contrôler les informations. Au cas où cela se produirait, a averti Bishop, ce serait la fin de l'information au niveau de la station.
"Nous avons été critiqués pour avoir interviewé certaines personnes pendant le journal, alors que la déontologie de notre métier nous imposait de le faire.
"Ma dernière question est la suivante : si nous souhaitons tout simplement gérer la BTV comme un service d'information du gouvernement, à quoi cela sert-il alors d'avoir des journalistes qui font leur travail ?"
"Si la BTV veut être un service d'information crédible, il faut que les journalistes soient libres d'exercer leur profession sans aucune menace d'intimidation", a-t-il indiqué.
Récemment, une décision de dernière minute interdisant la diffusion, par la BTV, d'un documentaire consacré à la ressortissante sud-africaine, Mariette Bosch, qui avait été exécutée après sa condamnation, avait suscité des interrogations.
La non diffusion du documentaire, conçu par Bishop, avait poussé les journalistes à s'insurger contre ce qu'ils avaient qualifié "d'ingérence du gouvernement" dans le fonctionnement de la station.
L'interdiction de la diffusion du documentaire sur Bosch serait la cause immédiate de la démission de Bishop, indique-t-on.
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