Blantyre, Malawi — La police malawite s'est lancée sur les traces d'un groupe de voyous qui s'est attaqué samedi à des membres de l'Alliance démocratique nationale (NDA), un groupe de pression de l'oppposition, à Machinga, district situé à environ 100 km à l'est de Blantyre.
Ces responsables de la NDA ont été agressés alors qu'ils étaient à bord d'une camionnette munie de haut-parleurs, pour annoncer la tenue d'un meeting au cours duquel le leader de la NDA et ex-ministre du gouvernement, Brown Mpinganjira, devait prendre la parole.
Les agresseurs, que l'on pense être des partisans du Front démocratique uni (UDF, au pouvoir) du président Bakili Muluzi, étaient dans un camion au moyen duquel ils ont forcé la camionnette à s'arrêter. Ils ont blessé trois responsables de la NDA, dont deux grièvement, puis mis le feu à leur véhicule avant de s'échapper.
Machinga est le district natal du président Muluzi.
Paul Banda, policier de Machinga, a déclaré dimanche à la PANA que la police était à la recherche de ce groupe de malfaiteurs, mais il n'a pas pu confirmer si cette dernière recherchait des responsables ou des partisans bien précis de l'UDF.
"Nous avons ouvert un dossier et les investigations sont en cours. Donc je peux vous dire que des arrestations auront lieu", a-t-il dit.
Quant aux victimes, elles n'ont reconnu aucun de leurs agresseurs. "Elles ne semblent pas être originaires du district, c'est pourquoi elles n'ont reconnu personne", a dit M. Banda.
Une infirmière de St-Luke Hospital situé à la Mission anglicane Chilema, à quelque 20 km du lieu de l'agression, a confirmé que l'hôpital avait reçu des blessés venus de Machinga. Elle a révélé que deux d'entre eux étaient dans un état grave.
Cette attaque a rendu furieux les responsables de la NDA qui accusent la police de parti pris. Pour le conseiller juridique de la NDA, Viva Nyimba, la police n'a pas arrêté les voyous par crainte d'agacer l'élite au pouvoir. "Elle connait l'identité de ces voyous", a-t-il dit, insistant sur le fait qu'elle aurait pu les appréhender immédiatement.
Mais le secrétaire général de l'UDF, Reidwillie Katenga Kaunda, a nié toute connaissance de cet incident et affirmé que son parti n'empêchera personne de tenir des meetings à n'importe quel endroit du pays.
Alors que Machinga est considéré comme un bastion de l'UDF, l'incursion de M. Mpinganjira dans le district est perçue comme un test de sa propre popularité grandissante avant les prochaines élections générales de 2004.
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