14 Mai 2001
Windhoek, Namibie — Le Committee to Protect Journalists (CPJ), organisation basée à New York, a dénoncé la suspension de deux journaux indépendants au Swaziland et a demandé au Roi Muswati III de revenir de manière inconditionnelle sur sa décision.
Dans un communiqué, le CPJ s'est dit "extrêmement préoccupé par ces suspensions injustifiées" de l'hebdomadaire Guardian et du mensuel Nation.
Le gouvernement a ordonné aux deux journaux de cesser leurs publications le 4 mai et interrogé les deux rédacteurs en chef pendant plusieurs heures, à l'issue de la publication d'un article révélant que Mswati a été empoisonné dans son palais.
Le 2 mai, la police a arrêté et longuement interrogé le rédacteur en chef du Guardian, Thulani Mthethwa au sujet d'une série d'articles portant sur les activités du palais royal. Il a été relâché après plusieurs heures.
Le 4 mai, le responsable du registre des publications de la presse, Sam Malinga, a ordonné au Guardian de cesser immédiatement toute publication, estimant que le journal n'était pas légalement enregistré auprès de son bureau.
La police a plus tard, confisqué toutes les copies de l'édition incriminée à la frontière avec l'Afrique du Sud (l'hebdomadaire est imprimé à Middleburg, en Afrique du Sud).
Cette édition comporte des articles faisant état de la santé du Roi et de rumeurs selon lesquelles sa première épouse l'avait empoisonné.
L'hebdomadaire avait auparavant publié une photo de la reine en pleurs à l'aéroport de Mbabane alors qu'elle s'apprêtait à embarquer à bord d'un vol pour Londres. Selon les rumeurs, le roi l'aurait expulsée du palais royal.
Le dernier numéro du mensuel Nation avait publié des articles de même nature.
Le ministre de l'information a procédé rapidement à l'interdiction des journaux, en invoquant la Loi sur les publications de 1968 qui lui donne des pouvoirs illimités pour interdir ou suspendre des publications qui "ne sont pas conformes à la moralité et aux idéaux des swazis".
Mais le CPJ a estimé qu'en tant qu'association de journalistes qui défend la liberté de la presse dans le monde "nous pensons que les journalistes doivent être libres d'écrire des articles sur leurs gouvernements. La liberté de recevoir et de transmettre l'information est un droit dont dispose tous les peuples, quel que soit le gouvernement en place, en vertu de l'article 19 de la déclaration universelle des droits de l'homme".
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