Gaborone, Botswana — Des rumeurs d'agitation au sein des Forces armées botswanaises (BDF) ont pris une tournure inquiétante au cours du week-end lorsqu'un mystérieux incendie a rasé une cuisine, dans un camp militaire de la seconde ville du pays, Francistown.
Les autorités militaires nationales n'ont, pour l'instant, pas été en mesure de déterminer les circonstances dans lesquelles l'incendie s'est déclenché dans ce camp, qui est au centre du mouvement d'humeur constaté au sein des BDF.
"Nous ne connaissons pas encore l'ampleur exacte des dégâts. L'enquête se poursuit. Le feu a été détecté dans les premières heures de la matinée", a déclaré le porte-parole de la BDF, le lieutenant Ben Ragalase.
Il a expliqué que, pour le moment, personne n'avait été arrêtée, et répété que tout allait bien au sein des BDF.
L'armée botswanaise, qui fait partie des plus disciplinées d'Afrique, a retenu l'attention des médias ces derniers temps, des rumeurs ayant fait état de menaces proférées par certains soldats contre la vie du président Festus Mogae, si leurs exigences de meilleures conditions de travail n'étaient pas satisfaites.
Ces menaces avaient pris la forme d'affiches et d'inscriptions sur les murs des camps des BDF à Francistown et dans le centre même de la ville.
Le dernier incident au sein des BDF avait ravivé les craintes d'une révolte de soldats des Forces armées botswanaises si leurs doléances n'étaient pas satisfaites.
Pour l'instant, les responsables des BDF soutiennent qu'il n'y a aucun problème au sein des forces militaires, mais d'autres rumeurs citant des sources internes disent qu'il existe de graves troubles dans l'armée.
Ces sources ont indiqué que le problème ne concernait pas quelques soldats isolés animés par de mauvaises intentions, comme voudrait le faire croire la hiérarchie à l'opiniopn publique.
Depuis quelques temps, les soldats des BDF - et même de la police botswanaise - se plaignent de la faiblesse de leurs salaires, de leurs mauvaises conditions de logement et des "méthodes injustes de promotion et de recrutement", entre autres sujets.
Les soldats se plaignent notamment de la grande différence qui existe entre leur salaire et celui de leur commandant, le général Matshwenyego Fisher.
Le salaire annuel brut de Fisher serait de 21.634 pula (4.000 dollars US), alors que les soldats les plus mal payés des BDF gagnent 1099 pula (200 dollars) le mois.
On rappelle que la différence considérable des salaires au Botswana n'existe pas seulement au sein de l'armée, mais à tous les niveaux de la société.
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