16 Mai 2001
Gaborone, Botswana — Un ressortissant de l'Afrique du Sud condamné à la pendaison par les juridictions du Botswana après avoir été reconnu coupable de meurtre, bénéficie d'une nouvelle chance, la Cour suprême ayant décidé d'une révision de son procès.
Lehlohonolo Bernard Kobedi avait vu son appel rejeté par la Cour d'Appel du Botswana en 1999 mais son avocat, Themba Joina, avait, dans sa plaidoierie devant la Cour suprême, indiqué que son client n'avait pas bénéficié d'un jugement équitable.
La Cour suprême du Botswana a suivi l'avocat en estimant que le procès de Kobedi n'avait pas été effectué dans les formes, le prévenu n'ayant pas bénéficié des services d'un interprète comme il le réclamait.
La Cour a en outre indiqué que l'intéressé n'avait pas non plus été bien représenté.
L'homme avait été condamné à mort pour le meurtre, en 1994, à Sotho, d'un policier botswanais du nom de Kebotsetswe Goepamang.
Au cours du procès, Kobedi avait demandé à bénéficier des services d'un interprète parlant sa langue maternelle.
Joina avait déclaré que Kobedi n'avait pas bénéficié d'un procès équitable car il n'avait pas été défendu par un avocat compétent. Son premier avocat, Armstrong Marumo, avait été rayé du barreau avant la fin du procès.
Joina a fait remarquer que Kobedi avai été contraint d'accepter d'être défendu par Moitlhali Dikgokgwane, un avocat qu'il n'avait pas choisi dans un premier temps.
Kobedi a passé plus de deux années dans le couloir de la mort, après sa condamnation par le Tribunal de première instance, confirmée par la Cour d'Appel.
"Il ne fait aucun doute que l'appelant est un criminel aux abois et insensible. Il ne fait également pas de doute qu'il est coupable d'un crime qui mérite le châtiment suprême prévu par la loi", a mentionné la Cour d'Appel dans son jugement.
L'affaire de Kobedi est la seconde, en l'espace de trois années, dans laquelle un condamné à mort a réussi à se faire rejuger après constation du fait qu'il n'avait pas bénéficié d'un jugement équitable.
En 1999, trois condamnés à mort avaient échappé de peu au châtiment suprême, grâce à l'intervention de l'organisation botswanaise des droits de l'homme qui avait réussi à obtenir qu'ils soient rejugés, alors qu'il restait très peu de temps avant leur exécution.
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