Ali Moindjie
16 Mai 2001
Moroni, Comores — La Société nationale des Postes et Télécommunications (SNPT), seul fournisseur d'accès à l'Internet aux Comores, va organiser, à partir de jeudi 17 mai, une série de manifestations dans le but de familiariser la population au Web.
Un porte-parole de cette société, Mme Sitty Mohtar a déclaré, mercredi, que l'Internet ne doit plus être considéré comme un bien de luxe mais un outil indispensable pour chaque comorien, annonçant que la SNPT projette d'ouvrir un cyber-guichet dans les jours à venir.
Elle a promis que ce cyber-guichet de la SNPT donnera l'occasion à tous ceux qui le désirent de pouvoir surfer et de tirer profit des avantages inestimables que représente l'internet aujourd'hui.
Mme Mohtar est l'un des techniciens de la SNPT qui ont pris d'assaut les radios et télévisons cette semaine pour expliquer au public les mérites de l'internet et tout le potentiel qu'il recèle pour un pays aussi éloigné des grands centres mondiaux et qui, de surcroît, est morcelé en plusieurs îles.
Ils y voient des opportunités de marchés inespérées pour les produits locaux notamment l'artisanat ou encore un moyen d'accès des jeunes comoriens à la formation supérieure en l'absence d'une université.
Mais ces techniciens ont du mal convaincre. David Soilih Abdallah, jeune entrepreneur qui a ouvert avec son frère le premier cybercafé de la capitale, Moroni, doute qu'on puisse vivre de l'informatique aux Comores aujourd'hui.
Il rappelle que l'ordinateur n'est pas à la portée de tout le monde puisque l'Etat continue de prélever une taxe douanière de 55 pour cent sur le matériel informatique.
Il en résulte, selon le jeune entrepreneur, que l'ordinateur coûte encore cher aux Comores puisque pour obtenir un bon PC, il faut prévoir entre 600.000 et 800.000 francs comorien (1 FF = 7 dollars US = 75 FC).
"Je m'efforce alors de réduire le prix en spécifiant le matériel suivant les besoins du client, explique David Soilih Abdallah. J'évite de conseiller du matériel dernier cri si les besoins du client ne l'exigent pas. Mais la vraie solution, c'est d'amener les pouvoirs publics à admettre à supprimer la taxe douanière pour les ordinateurs".
D'un autre côté, des améliorations ont été portées à l'accès à l'internet réduisant le temps d'attente. Il reste que de petits usagers se plaignent encore du montant des factures de la SNPT comme ce médecin qui a dû y mettre tout son salaire.
Mais le plus grand problème à Moroni aujourd'hui c'est d'obtenir un branchement téléphonique. Dans les quartiers qui ne sont pas "totalement saturés", on doit attendre plusieurs mois avant d'avoir sa ligne.
"C'est vrai qu'on galère" un peu ici. Mais si chacun cède au découragement et quitte le pays parce que il y a des problèmes et parce que les perspectives de développement se précisent lentement, il ne se fera jamais rien dans ce pays", estime David Soilih Abdallah décidé à obtenir coûte que coûte la détaxe des ordinateurs.
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