Namibie: Mise en garde contre un quatrième mandat de Sam Nujoma

Windhoek, Namibie — La direction du Centre Africain pour la Défense et la Sécurité a recommandé aux hommes politiques namibiens de ne pas user de "tactiques inconstitutionnelles" pour rester au pouvoir.

Dans son édition du week-end, le quotidien namibien en langue anglaise The Namibian, a cité l'analyste et porte-parole de ce Centre, Anthoni Van Nieurkerk, qui déclare que les récentes attaques contre les étrangers, la presse, les homosuels et les lesbiennes, donnent à penser que "le gouvernement ne se sent pas à l'aise dans le système démocratique qu'il a créé".

"Cela est inquiétant pour la stabilité politique et traduit une intolérance politique", a rapporté le journal qui cite Nieukerk.

Selon lui, toute tentative du président Nujoma de briguer un quatrième mandat "pourrait faire stagner la démocratie namibienne".

"Lorsque la loi fondamentale du pays est violée, la démocratie est sapée et le système politique se désintègre", a ajouté ce spécialiste.

M. Nieukerk a mis en garde contre une nouvelle révision de la constitution pour permettre à M. Nujoma de se présenter à un scrutin considéré comme un test majeur pour la démocratie dans ce pays.

"Cette élection sera un test très important pour la démocratie, si la classe politique décide unanimement de respecter les principes de la constitution", a fait observer l'analyste.

Il a dit que les hommes politiques devraient être tolérants et accepter les opinions différentes et autoriser un dialogue politique sur des questions diverses.

"La démocratie admet la pluralité et les politiciens devraient se garder de toute oppression et domination politiques", a-t-il souligné.

La semaine dernière, l'Union Européenne (UE) avait publié un communiqué dénonçant les "menaces et attaques verbales du gouvernement contre les homosexuels, les étrangers et les médias".

Selon l'UE, ces "déclarations désobligeantes" envers les minorités ont détruit la confiance en la Namibie et réduit à néant les efforts du gouvernement pour attirer l'investissement étranger, développer le secteur touristique et améliorer les conditions de vie du peuple namibien.

La SWAPO, parti au pouvoir, tergiverse jusqu'à présent sur la question de l'éventuel successeur du président Nujoma, qui effectue actuellement un troisième mandat.

Le Parlement, dominé par la SWAPO, avait modifié la constitution de 1999 pour permettre à Nujoma de se présenter à l'élection présidentielle devant se tenir à la fin de la même année. Son parti les avaient remporté par une victoire écrasante à la majorité des deux-tiers.

Il y a eu plusieurs tentatives inquiétantes de sonder la population pour voir si elle accepterait que Nujoma sollicite un quatrième mandat.


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