Le Phare (Kinshasa)

Seychelles: Kinshasa veut renégocier l'Accord de Lusaka

Jacques Kimpozo

22 Juin 2001


éditorial

Kinshasa — La conditionnalité du retrait préalable de toutes les troupes d'agression du territoire congolais, telle qu'exprimée mercredi au Grand Hôtel Kinshasa par le vice-ministre des Affaires étrangères, en présence des chefs de missions diplomatiques et responsables d'organisations internationales invités à la "première journée mondiale du réfugié" a relancé la polémique sur la lecture dudit texte. Cela est d'autant vrai que quelques jours plus tôt, le conseiller spécial du chef de l'Etat en matière de sécurité, dans sa communication aux participants à un atelier sur la "campagne de soutien au processus de paix en Rdc" organisé à la paroisse Fatima, relevait que la délégation de la Rdc à Lusaka avait signé sous pression, en dépit des lacunes criantes constatées dans l'Accord de Lusaka.

Me Mbuyu avait notamment fait observer que l'Accord de Lusaka comportait plusieurs dispositions contraires aux Conventions et Traités internationaux ainsi qu'aux principes de base régissant l'Oua et l'Onu, notamment ceux interdisant aux armées étrangères, sous quelque prétexte que ce soit, d'envahir des Etats voisins et de les occuper. On se souvient que dans une récente interview à la presse belge, le chef de l'Etat, Joseph Kabila, a estimé qu'il fallait un délai minimum de deux ans pour assainir la situation socio-économique et politique du pays. Toutes ces prises de position poussent les observateurs à croire que Kinshasa cherche absolument à obtenir la révision de l'Accord de Lusaka.

Qu'à cela ne tienne. Les allusions de plus en plus fréquentes des officiels de Kinshasa au retrait préalable des troupes d'agression et à la renégociation de l'Accord de Lusaka au moment même où toutes les conditions semblent réunies pour les assises du Comité Préparatoire du Dialogue intercongolais donnent à penser que Kinshasa n'entend pas se faire hara-kiri. Joseph Kabila est en place et il n'est pas question de mettre "son fauteuil" en ballotage au Dialogue intercongolais ou de le soumettre aux prescrits du chapitre 5 point 5.2 b qui impose un statut identique à tous les participants.

Au reste, dans l'interview qu'il a récemment accordée à la chaîne de télévision belge Rtbf, Joseph Kabila a exprimé sa différence à ce sujet en parlant d'un dialogue flexible et d'une démocratie programmée. Pour les exegètes, le détenteur du pouvoir de Kinshasa revendique un statut spécial qui le mettrait au-dessus de la mêlée tout en lui laissant les coudées franches pour ouvrir ou fermer le jeu politique, là où l'Accord de Lusaka parle d'un nouvel ordre politique imposable à tous.

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