Le Soleil (Dakar)

20 Août 2001

Sénégal: Bourses: Ousseynou Goumbala mise sur la gestion de proximité

Dakar — Le mois de septembre verra le démarrage de l'année universitaire, notamment en France, un pays qui accueille, actuellement, 638 étudiants sénégalais, boursiers du gouvernement. Ce pays est, comme on le devine, la première destination des étudiants sénégalais à l'étranger. Il est suivi du Maroc qui compte 238 boursiers sénégalais. Les nouveaux bacheliers sénégalais détenteurs d'une mention ont, pour la plupart, déposé une demande de bourse. Une commission nationale va d'ailleurs se réunir le 29 août prochain pour les attributions. M. Ousseynou Goumbala, directeur des Bourses, revient, dans cet entretien, sur les critères d'attribution des bourses nationales et étrangères. Il soulève certaines difficultés liées à la gestion des bourses étrangères avec l'existence d'un seul bureau à Paris. Il affiche, enfin, l'ambition de sa direction de s'ouvrir davantage aux étudiants qui pourront, sous peu, appeler sur un serveur vocal qui va être installé, pour être au courant de toutes les offres.

Il faut l'excellence pour une bourse étrangère

Il faut de l'excellence pour prétendre à une bourse étrangère. Une commission nationale présidée par le directeur de l'Enseignement supérieur se réunit pour attribuer les bourses. Cette commission dont la direction des bourses est maîtresse d'ouvre comprend un représentant du ministère des Finances, du Budget, de la Primature, de la Présidence, de l'Assemblée nationale et des étudiants de l'UCAD et de l'UGB. Elle va se réunir le 29 août prochain. Il s'agira, durant la réunion de cette commission, de renouveler d'abord les bourses des attributaires qui sont à l'étranger, d'en annuler certaines et d'attribuer de nouvelles pour les bacheliers qui en ont fait la demande. Ce sera le même cas pour les aides et allocations d'études. J'ajoute que nous avons reçu beaucoup de dossiers cette année. Nous allons procéder à un classement, en tenant compte des mentions obtenues par les demandeurs. C'est sur cette base que nous constituons des lots par mention. Par exemple, pour les demandes de bourses pour le premier cycle en France, nous avons reçu 36 dossiers avec chacun une mention Bien. Nous avons reçu 127 dossiers avec une mention Assez bien pour le bac 2001. L'excellence est, en définitive, le critère le plus important. Même pour les bourses nationales. A ce propos, je rappelle que les étudiants qui viennent en première année ne font pas de demande. Nous attribuons des quotas par département. Ce sont des bourses entières et des demi-bourses. Il appartient à la scolarité de chaque Faculté d'établir une liste par ordre de mérite, et nous attribuons des bourses jusqu'à épuisement du quota.

La France est la principale destination de nos boursiers

Les étudiants sénégalais boursiers du gouvernement vont étudier principalement en France. Les boursiers sénégalais y sont au nombre de 638 environ. Pendant la réunion de la commission, nous allons, pour les renouvellements, reconduire la bourse de 274 étudiants pour l'ensemble des cycles. Pour les renouvellements conditionnés, on aura 87 pour tous les cycles confondus. Le nombre de bourses proposées à l'annulation est de 132. A part la France, nous avons des étudiants dans les pays de l'Est. Les plus nombreux se trouvent en Russie où, rien qu'à Moscou, ils sont près de 100 étudiants, sans compter les autres villes. Nous avons aussi beaucoup d'étudiants dans les pays d'Afrique du Nord. C'est le cas au Maroc qui, chaque année, donne 100 bourses dans le cadre d'un accord que nous avons. Il y a le Soudan, l'Egypte, les Emirats Arabes, la Tunisie, l'Algérie, etc.

145 000 Francs CFA par ,ois pour une bourse sénégalaise en France

Nos étudiants sont dans plus de 15 pays. Si la France en a 638, le Maroc vient en seconde position avec 217 étudiants sénégalais boursiers de leur gouvernement. L'ensemble des étudiants sénégalais titulaires de bourses de leur gouvernement peut être approximativement estimé à 1328. L'année dernière, les inscriptions budgétaires destinées aux bourses étrangères étaient proches de deux milliards. Nous avons demandé à ce que ces inscriptions budgétaires soient revues à la hausse. Une bourse d'étudiant sénégalais, pour le premier cycle en France, s'élève à 1450 francs français (145.000 CFA). L'aide est de 1300 francs par mois payable pendant 10 mois (130 000 francs CFA). Nous avons demandé à ce qu'on revoit à la hausse le montant de l'aide. J'ajoute que le boursier, en plus de sa bourse, a une inscription de 300 000 francs CFA, une prise en charge sécurité de 235 000 francs, une aide au logement de 100 000 francs à Paris, et de 50 000 francs en province. Pour le troisième cycle, la bourse est de 1650 francs Français (165 000 CFA par mois). Pour les pays de l'Est, la bourse est de 75 000 francs CFA pour le second et premier cycle, et 95 000 francs pour le troisième cycle. La bourse tient compte des niveaux de vie dans chaque pays. Pour les pays d'Afrique du Nord, nous donnons des compléments. Car, en général, les étudiants que nous y envoyons sont pris en charge par les autorités en vertu d'accord que nous avons signé.

La gestion des bourses par le burequ de Paris pose problème

Nous avons un problème lié à la gestion de proximité des bourses étrangères. Toutes les bourses des étudiants sénégalais à l'étranger sont payées à partir du bureau de Paris. Même ceux qui sont en Afrique du Nord et dans les pays de l'Est reçoivent leur bourse à partir du bureau de Paris. Cela fait que, pour certains pays, on ne peut pas payer la bourse tous les mois. Nous sommes obligés d'attendre tous les trois mois. Cela pose la nécessité de voir comment restructurer cette gestion. Nous avons des propositions dans ce sens, tout en étant conscients que cela entraînerait des coûts financiers. Le président de la République a dit que les affaires publiques doivent être gérées avec beaucoup de transparence. Les critères sont essentiellement des critères d'excellence. On n'envoie pas toujours nos meilleurs étudiants. Il faudrait aussi que certains étudiants qui ont la mention restent sur place. Nos universités sont aussi des universités d'excellence. Nous gérons tout cela en tenant compte des filières. En effet, on ne peut pas avoir une Faculté de médecine et donner une bourse à un étudiant pour aller faire médecine ailleurs. Nous préférons donner des bourses à des étudiants qui vont suivre des filières qu'on ne trouve pas sur place. Nous voulons aussi donner le maximum de bourses possibles aux filles, surtout à celles qui font les disciplines scientifiques.

14 800 Bourses nationales en 2001: En ce qui concerne les bourses nationales, il y a une évolution progressive, particulièrement cette année. Cela est lié à la récente décision prise par le président de la République. En effet, pour lui, si on a une université d'excellence, on doit aussi avoir des étudiants qui sont mis dans de bonnes conditions pour faire des études. Pour le président, les bourses sont un investissement sûr et rentable dans les ressources humaines. C'est la raison pour laquelle, cette année, il y a eu une évolution importante. Les boursiers étaient au nombre de 14 800, l'année qui vient de s'écouler. Presque tous les étudiants avaient une aide. Il y a aussi un quota de bourses sociales. D'ailleurs, dans la commission qui va se réunir, il y a la candidature de deux non-voyants. Généralement, on les envoie à Lille. Au niveau local, tous les handicapés moteurs ont été pris en charge. Ensuite, nous donnons des bourses aux meilleurs étudiants des écoles privées.

Ouvrir d'avantage la direction des bourses

Notre ambition est d'ouvrir davantage la direction des bourses. Nous nous sommes rendu compte que les Sénégalais, dans leur grande majorité, ne connaissaient pas notre direction. Nous avons reçu des étudiants venant de Kolda, de Tamba, et qui ont obtenu de bonnes mentions. Malheureusement, ils ne pourront pas faire des études à l'étranger, parce qu'ils n'ont pas obtenu de pré-inscription. Cela pose la nécessité de revoir la gestion des demandes d'inscription dans les universités françaises. Il faudrait certainement que la direction des bourses s'implique dans la gestion de ce dossier, notamment pour les étudiants qui viennent des régions éloignées.

Un serveur vocal pour les renseignements

Nous avons l'ambition d'installer un serveur vocal pour que tout étudiant, où qu'il se trouve, puisse avoir les renseignements dont il a besoin. Nous avons informatisé notre direction et comptons améliorer ce système. J'espère que l'année universitaire à venir sera une bonne année universitaire du point de vue de nos relations avec les étudiants. Nous sommes toujours ouverts. Car nous estimons que quand il y a crise, il y a rupture de dialogue.

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