M.k. Et Kgm
21 Août 2001
Kinshasa — Après la cérémonie d'ouverture des travaux du pré-dialogue, l' ambiance bon enfant a continué à planer dans les couloirs de l'hôtel Grand Palm. Où les tractations se sont furieusement poursuivies jusque très tard dans la nuit. Un sentiment de relatif optimisme semblait planer et chaque composante tout comme l'ensemble des délégués donnaient l'impression de vouloir se dépasser pour que le Congo ne soit pas toujours la risée de l'Afrique et du monde.
Aux cotés de chaudes embrassades qui se sont poursuivies avec beaucoup de chaleur et d'émotion, des conciliabules n'ont pas arrêté . Objectif : gagner du temps et donner aux congolais des raisons d'espérer. C'est notamment ce qui a transpiré des déclarations faites par certains délégués qui ont accepté de se confier.
Président des Fonus, Joseph Olenghankoy a dit qu'il faisait confiance aux congolais . Avant de préciser : "Moi, j'ai toujours dit que les congolais vont surprendre le monde. Vous allez voir."Catherine Nzuzi wa Mbombo, pour le MPR fait privé, a indiqué que son parti ´ a pris l'engagement de tout mettre en oeuvre pour que les discussions se déroulent dans une bonne ambiance. Nous avons pris l'engagement de contribuer d'une manière positive pour le retour de la paix dans notre pays. J'ai remarqué que tous les congolais de tous les horizons ici réunis se saluent sans problème. Je crois que tout congolais qui aime réellement son pays, au vu de la dégradation de la situation tant politique qu'économique sur le terrain a intérêt à transcender ses états d'âme pour favoriser le retour de la paix en RDC. Sans cela, ce sera porter une grande responsabilité et le MPR n'a pas du tout l'intention de s'engager dans cette voie. "
Pour sa part, Bahati Lukuebo de la Société civile s'est réjoui du fait que " toutes les délégations soient arrivées parce que ce n'est pas toujours évident que lorsqu'on convoque de telles assises, toutes les parties soient présentes. C'est déjà un pas . Je me réjouis aussi de la présence de tous les chefs de corps, des chefs d'Etats et des chefs de délégation de la rébellion. Surtout, je constate la cohésion qui anime les délégués de la société civile. Ceux-ci ont été les premiers à pouvoir organiser une réunion de concertation avant l'ouverture officielle. Il en sera ainsi jusqu'à la fin. Par ailleurs, à voir les embrassades et les accolades qu'il y a eues entre les membres de différentes délégations, je me dis qu'entre Congolais, en principe, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Si nous réussissons à faire partir les troupes étrangères, les congolais entre eux trouveront sûrement la solution. "
Représentant de l'UDPS, Valentin Mubake a fait état de son souhait de voir les différents délégués trouver les solutions aux problèmes qui déchirent leur pays. " Et pour ce comité préparatoire, l'UDPS ne veut pas sortir d'ici sans avoir trouvé au moins deux solutions. Nous devons sortir d'ici avec le lieu du dialogue et la date du dialogue. En ce qui concerne l'UDPS, nous n'avons pas le choix. Et si nos collègues qui sont ici aiment réellement notre pays, ils doivent trouver ces deux solutions là . Nous avons des propositions que nous avons déjà échangées de manière informelle que ce soit avec les délégués de la société civile, du RCD/Goma et du MLC. Tout l'avant midi, nous avons passé notre temps à avoir des entretiens avec eux et je peux dire que nous avons des vues pas tellement divergentes à ce sujet ".
Au nom du MLC, Olivier Kamitatu , son secrétaire général, a livré ses sentiments. "Des sentiments d'espoir, d'attente et peut-être aussi d'impatience pour savoir où nous allons. Puisque c'est un processus de négociation, nous ne savons pas quand il va se terminer mais nous espérons que ce sera dans les meilleurs délais pour qu'au plus tard au début de l'année prochaine nous puissions avoir de nouvelles institutions démocratiques avec la participation de toutes les composantes de la classe politique. Ce qui veut dire qu'il nous reste trois mois pour essayer de remettre le Congo sur les rails. On ne peut pas se permettre aujourd'hui des atermoiements qui nous ramèneraient encore dans le passé. Aussi notre délégation est-elle arrivée avec un esprit constructif mais aussi avec beaucoup de pugnacité. Ceci veut dire que nous avons un devoir de mémoire à l'endroit de tous ceux qui se sont sacrifiés pour qu'on arrive autour de cette table. Ce processus de démocratisation et ces assises ne se tiendraient pas s'il n'y avait pas eu de Congolais , qu'ils soient des mouvements de libération ou qu'ils soient de l'Opposition non armée qui se sont sacrifiés. Certains ont donné de leur vie. D'autres ont été arrêtés ou bastonnés. Et en mémoire de tout cela, de toutes ces souffrances , on a une réelle envie de nous battre, mais cette fois sur un terrain plus politique".
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