Le Potentiel (la Une)
23 Août 2001
Kinshasa, Rd/Congo — Les délégués au comité préparatoire du Dialogue intercongolais se sont retrouvés mercredi 22 août pour poursuivre les travaux qui ont consisté en l'adoption de l'ordre du jour du comité préparatoire qui était examiné la veille. Après adoption de ce document, les discussions qui ont suivi ont vite achoppé sur la question de retrait des troupes étrangères inscrite à l'ordre du jour par le Mlc avec l'adhésion de tous. En effet, le gouvernement, le Mlc, le Rcd/ml, la société civile et l'opposition non armée ont traduit ce voeu par leur déclaration que Le Potentiel publie ci-dessous.
Le Rcd/Goma, tout en adhérant à ce principe, a exigé que cette déclaration soit intégrée dans le communiqué final. Mais la tentions est vite montée dans la salle à la fin de la réunion lorsque les composantes signataires de ladite déclaration ont voulu la rendre publique. Ce qui était perçu par le Rcd/Goma comme une provocation si jamais celle-ci était rendue publique, et menaçait même d'arrêter sa participation aux travaux. Il a fallu des conciliabules entre Okitundu, Lutundula, Kamerhe, Thambwe, Kamitatu, Olenghankoy, Mubake, Lumumba et bien d'autres pour recaler la publication de cette déclaration en attendant que le Rcd/Goma y adhère.
Mais bien avant la fin de la séance, pour calmer les passions et ramener la sérénité, Masire avait proposé de récupérer la question et la soumettre au comité politique, proposition qui a été rejetée par Thambwe, arguant qu'il s'agit d'une question congolaise qui doit être traitée par les Congolais.
Interrogé par Le Potentiel sur le fait que le Rcd/Goma refuse d'adhérer au principe de retrait des troupes étrangères sans délai de la Rdc, Azarias Ruberwa, secrétaire général, a laissé entendre que cette information n'est pas correcte. Pour lui, tout est parti de la réaffirmation du principe de retrait des troupes étrangères. Toutes les parties, a-t-il dit, ont reconnu qu'il existe dans l'Accord de Lusaka des mécanismes pour mettre en oeuvre ce retrait, notamment le comité politique et la commission militaire mixte. «C'est fort de tout cela que nous nous sommes engagés à réaffirmer le principe de retrait. Nous ne pouvons pas, pour aucune raison, nous retirer des travaux. Nous sommes venus dans un esprit constructif, mais seulement nous tenons à la sérénité des débats et à la cohésion. Nous croyons que nous avons suffisamment fait de progrès pour qu'en tout état de cause, nous puissions nous arrêter», a conclu Ruberwa.
Déclaration politique commune des participants à la réunion préparatoire aux négociations politiques intercongolaises;
Nous, chefs de délégation du gouvernement de la République démocratique du Congo de l'opposition armée, de l'opposition politique, des forces vives et délégués dûment mandatés par nos mouvements, partis politiques et associations respectifs;
-Conscients de notre responsabilité devant le peuple congolais et devant l'histoire;
-Prenant en compte la volonté maintes fois exprimée par le peuple congolais et par le Conseil de sécurité des Nations Unies, de voir toutes les troupes étrangères quitter le territoire du Congo;
-Nous appuyant sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et particulièrement ses résolutions numéros 1304, 1341 et 1355;
-Convaincus que le processus de paix consacré par l'Accord de Lusaka entre dans une phase irréversible, grâce aux travaux préparatoires de Gaborone;
-Persuadés que seul un processus de réconciliation nationale, réalisé sans pression étrangère, est susceptible d'apporter une solution durable à la grave crise qui secoue le Congo;
-Ayant une nouvelle fois évalué le plan de retrait et de désengagement des troupes étrangères, adopté le 22 février 2001 par les belligérants et déplorant le retard délibéré que prend son exécution;
-Réunis à Gaborone pour le démarrage des travaux des pré-négociations politiques intercongolaises;
Réaffirmons notre volonté commune d'assurer la réunification de notre pays, dans le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale:
Demandons avec fermeté à tous les pays ayant engagé des forces militaires au Congo de les retirer sans délai;
Demandons en outre au Conseil de sécurité des Nations Unies et à l'Union africaine d'exercer à cet effet les pressions idoines.
Ainsi, fait à Gaborone, le 21 août 2001
Ndlr : Cette déclaration porte la signature de toutes les délégations sauf celle du Rcd/Goma. Mais en raison des difficultés de lisibilité, il a été techniquement impossible de les publier.
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