Tshidibi Ngondavi (notre Envoyé Spécial à Gaborone)
23 Août 2001
Kinshasa, Rd/Congo — Les travaux de la commission préparatoire du Dialogue intercongolais continuent sans désemparer et ont atteint leur vitesse de croisière dans le cadre de la salle de conférence de l'hôtel «Grand Palm» de Gaborone. C'est sur ces entrefaites que le président du Rcd/Goma, Adolphe Onusumba Yemba, a décidé de regagner Goma via l'Afrique du Sud pour honorer certaines tâches contenues dans son cahier de charge, notamment rencontrer le secrétaire général de l'Onu Koffi Annan probablement dimanche 26 août prochain.
Avant de quitter Gaborone, l'homme fort de Goma a tenu un point de presse dans sa chambre en présence d'une brochette des journalistes de la presse congolaise selon sa préférence: «Priorité à la presse de mon pays», a-t-il précisé avec sourire.
Dans son petit mot d'introduction, Onusumba a tenu à remercier la presse pour le travail qu'elle abat dans des conditions pénibles compte tenu de l'environnement de guerre et de privation de la liberté essentielle au métier des médias. Interrogé sur ce départ précipité, il a précisé qu'il n'y a aucune précipitation dans son départ car sa présence à Gaborone répondait au souci de son mouvement d'être représenté au plus haut sommet pour marquer l'importance qu'il attache au retour rapide de la paix en Rdc. Il a ajouté que son nom ne se trouve pas inscrit parmi les participants et que dès lors qu'il venait de constater que tous ses compatriotes présents à ce prédialogue avaient le même souci que lui d'en finir rapidement d'une part et que d'autre part que les travaux se déroulaient dans une ambiance fraternelle, il pouvait partir tranquillement honorer d'autres rendez-vous.
Le président du Rcd/Goma a insisté sur le fait que le blocage du processus de Lusaka ne viendra pas du côté de son mouvement en déclarant pour cela «tout le monde en sera témoin».
Onusumba est d'avis que le Dialogue intercongolais proprement dit commence moins d'un mois après ce prédialogue de Gaborone. Quant au lieu, il estime que ce soit dans un pays réellement démocratique où l'expression est libre, les droits de l'homme garantis ainsi que la sécurité pour des discussions sereines. Pourquoi pas en Rdc? Onusumba estime que nous n'avons pas de temps à perdre à la recherche des conditions objectives.
Interrogé sur leur huis clos de lundi avec Joseph Kabila et J.P. Bemba en présence du facilitateur et des présidents présents à l'ouverture, le chef du Rcd/Goma a dit que «dès lors que Kabila rencontre régulièrement Kagame et Museveni, il doit avoir le courage de nous rencontrer nous ses compatriotes s'il estime que nous sommes réellement ses compatriotes. Car, a-t-il ajouté, il y a beaucoup de choses à dire là-dessus» (sic).
Prié de donner la situation sur le terrain qu'il contrôle, il a dit: «Nous avons une armée forte et consciencieuse, mais nous devons avoir une armée nationale républicaine et c'est pour cela que nous sommes à tous les rendez-vous de la paix en Rdc. Rassurez-vous, a-t-il ajouté, que nous ne devons plus nous battre».
A la question de savoir pourquoi il met toujours la défense de la sécurité du Rwanda en prime par rapport à celle du Congo, Onusumba a précisé que le Rwanda est un allié de guerre, cela n'est un secret pour personne, cependant, il refuse d'être le porte-parole du Rwanda. Le Congo est obligé naturellement à vivre avec le Rwanda, a-t-il dit, ajoutant même que le peuple congolais auquel il doit rendre compte le moment venu, saura le juger aux élections. Dans son bref cursus, il a épinglé qu'il a fait ses études secondaires à Kananga, au Collège Saint-Louis, ses études universitaires ont commencé à Kisangani pour se terminer à l'Université de Lubumbashi où il est sorti docteur en médecine. Il a exercé en Afrique du Sud avant de regagner la rébellion. Une formation militaire de un mois à Kigali, un poste de vice-gouverneur du Kasai Occidental dans les territoires que le Rcd/Goma contrôle et puis appelé à la présidence du mouvement...
En ce qui concerne les rapports de son mouvement, de celui du Mlc de J.P. Bemba et de l'opposition non armée, Adolphe rassure que tout se passe très bien entre leurs mouvements rebelles (sans utiliser ce terme de rebelle), de la même manière l'entente est parfaite avec l'opposition non armée qui lutte beaucoup contre la dictature depuis des années. Il a tenu à préciser que c'est grâce à leurs oppositions armées que les opposants dits pacifiques sont à Gaborone car, le pouvoir de Kinshasa entendait les exclure alors qu'il est de notoriété nationale et mondiale que l'Udps est l'une des formations politiques de l'opposition aux côtés du Mpr de Mme Nzuzi, du Pdsc, des Fonus, Palu, Mncl de François Lumumba. «Nous ne pouvonns tolérer cette injustice au nom de n'importe quoi», a-t-il dit.
Pour son dernier mot, Adolphe Onusumba demande au peuple congolais de garder l'espoir, car, a-t-il dit, «le Congo est une maison qui survivra à tout. Nous sommes des passagers, nous luttons contre l'arbitraire pour libérer les mentalités et nous devons laisser un héritage des institutions fortes et stables pour que le Congo soit géré de manière respectable, comme l'avait souhaité P. E. Lumumba».
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2001 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.