Sidwaya (Ouagadougou)

Afrique: Justice et égalité des droits espoirs de l'humanité

Bilélé Benin

27 Août 2001


Cette semaine l'actualité sera sans doute marquée au plan international par la conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée. Elle s'ouvrira à Durban en Afrique du Sud le 31 août 2001 et refermera ses portes le 7 septembre. C'est en 1998 que l'Assemblée générale de l'ONU a désigné le Haut-commissaire aux droits de l'Homme Mme Mary Robinson en tant que secrétaire générale de cette conférence. Elle sera une occasion importante, voire unique, pour créer une nouvelle vision au niveau mondial pour la lutte contre le racisme et la discrimination raciale.

En ce sens, le choix du continent africain et particulièrement le pays de Nelson Mandela, l'Afrique du Sud pour abriter cette conférence revêt plusieurs significations. D'abord l'Afrique c'est le souvenir de plusieurs siècles (16e au 19e siècle) de traite négrière. On ne peut que penser aussitôt à l'île de Gorée au large de Dakar, considérée comme le symbole de la traite des Noirs, les "bois d'ébène". Son illustre conservateur, Joseph Ndiaye, y décrit chaque jour avec verve à l'intention des visiteurs les souffrances des Noirs entassés et enchaînés comme du bétail dans des cellules humides en attendant "le voyage sans retour" vers les Antilles et l'Amérique. La maison des esclaves à Gorée, une bâtisse de couleur ocre avec son escalier en fer de cheval n'est qu'une des nombreuses "esclavageries" sur les côtes africaines occupées successivement par les Portugais, les Hollandais, les Anglais et les Français au cours des trois derniers siècles. Outre Gorée, il y a eu Ouidah au Bénin, Cape Coast au Ghana d'où les esclaves étaient expédiés par bateaux vers les Antilles, et l'Amérique pour travailler dans les champs de café, de cacao et de bananes.

Selon les historiens des dizaines de milliers de Noirs ont transité par ces points présentés comme des reliques qui portent aujourd'hui les stigmates d'un ignominieux passé, "le voyage sans retour". C'est sans doute pourquoi une quarantaine d'ONG s'organisent pour plaider à Durban la réparation pour les victimes de la traite des Noirs. A cet effet ces ONG africaines ont créé un mouvement appelé "Initiative de Gorée" pour faire entendre aux yeux de la communauté internationale que "la traite, l'esclavage des Noirs et le colonialisme ont joué un rôle majeur dans la consolidation de la discrimination contre les peuples africains". Ce mouvement dénommé coalition contre le racisme exige la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité et des réparations pour les victimes. Cette coalition lancera un appel à partir de Durban afin que les Etats ayant pratiqué la traite des esclaves demandent pardon de façon explicite. Car estime-t-elle on ne peut envisager une communauté internationale bâtie sur la justice, l'égalité et l'universalité des droits de l'homme sans ce pardon de la part des pays esclavagistes.

Ensuite pour l'Afrique du Sud qui a été pendant longtemps victime de la discrimination raciale, tenir cette rencontre à Durban équivaut à faire toucher du doigt les abus de l'apartheid ainsi que les formes camouflées de l'esclavage qui existent encore dans bien de pays. C'est pourquoi l'opinion internationale attend à ce que cette conférence reconcilie l'humanité avec elle même en créant une nouvelle vision des rapports entre les hommes.

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Autres objectifs majeurs de la conférence de Durban ce sont notamment : étudier les moyens destinés à mieux garantir le respect des normes en vigueur et des instruments mis en place pour combattre le racisme et la discrimination raciale ; il s'agira également de sensibiliser l'opinion face aux fléaux que sont le racisme et la discrimination raciale. Enfin les participants auront à formuler des recommandations concrètes sur les moyens en vue de rendre plus efficaces les mécanismes des Nations Unies dans le cadre de programmes visant à combattre les maux en question.

Plusieurs chefs d'Etat seront certainement aux côtés du président Sud Africain Tabo M'Béki en vue de donner le cachet qu'il faut à cette rencontre de dimension mondiale. Sont effectivement annoncés comme devant prendre part à cette conférence de Durban : Fidel Castro, président Cubain, le Sénégalais Abdoulaye Wade et l'Algérien Abdelaziz Boutéflika ainsi que le dirigeant Palestinien Yasser Arafat. Des organisations internationales et des organisations non gouvernementales sont également conviées à cette rencontre.

Le Burkina y sera présent avec une vingtaine de personnes représentant le gouvernement et des associations de la société civile. Chaque groupe aura à faire une communication à la tribune de cette conférence.

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