Togonews (Lome)
27 Août 2001
Le président de la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) du Togo, M. Komi Gnondoli, a émis le voeu que la Conférence mondiale contre le racisme (CMCR), prévue en fin de semaine à Durban (Afrique du Sud), arrive à faire vivre l'esprit de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Dans une interview accordée à l'agence panafricaine de presse peu avant son départ pour l'Afrique du Sud, M. Gnondoli, qui est également président du Groupe africain des institutions nationales des droits de l'Homme, a ardemment souhaité que "l'esprit de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la Convention sur l'élimination de la discrimination raciale puisse devenir une réalité".
"Le Groupe africain des institutions nationales des droits de l'homme, qui est solidaire du Comité international de coordination des institutions nationales de promotion et de protection des droits de l'homme, accorde, a-t-il dit, une haute attention" à la conférence de Durban, qui se tient du 31 août au 7 septembre.
Interrogé sur la position des Africains par rapport aux questions à l'ordre du jour de la Conférence, M. Gnondoli a déclaré qu'il préférait attendre la réunion de son groupe qui devait se tenir à Johannesburg, avant la Conférence de Durban, en vue de dégager une position d'ensemble.
Cependant, tout en estimant que "l'esclavage constitue un crime odieux, une atteinte inacceptable à la dignité humaine" et que "ceux qui pensent qu'il s'agit d'un crime contre l'humanité n'ont pas tort", M. Gnondoli considère que la question des réparations pour cause d'esclavage est un sujet délicat qui continue de diviser la communauté internationale.
Pour le président du Groupe africain, "il convient que ceux qui, hier, ont porté atteinte aux valeurs universelles des droits de l'homme en pratiquant l'esclavage reconnaissent qu'ils ont violé les droits de l'homme et qu'il est nécessaire que des excuses viennent apaiser les coeurs meurtris de ceux qui en ont souffert".
M. Gnondoli a toutefois indiqué que la question de la réparation matérielle lui paraissait "subsidiaire".
S'agissant des cas de discrimination raciale au Togo, le président de la CNDH a déclaré que dans la pratique, le problème ne se posait pas dans ce pays et qu'une analyse de la jurisprudence laisse apparaître que les instances judiciaires et autres n'ont pas connu de cas relatifs à ce phénomène.
Dans un sens plus large, a-t-il ajouté, on ne peut pas occulter l'existence, parfois, de mésententes ou de préjugés entre ethnies ou groupes plus ou moins organisés, "mais l'on ne saurait affirmer qu'il s'agit d'une politique ou de pratiques systématiques fondées sur des motifs de discrimination raciale".
"Même si notre pays ne vit pas ce phénomène en tant que tel, les actions de la CNDH visent à le prémunir contre le fléau par l'éducation basée sur la diffusion de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale", a encore dit le président de la Commission nationale des droits de l'Homme du Togo.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2001 Togonews. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.