Kimpozo Mayala
15 Octobre 2001
Kinshasa — Le ministre de la Communication et Presse a enfin signé, le 13 octobre 2001, l'arrêté portant levée de la mesure de mise, sous tutelle gouvernementale, des chaînes de radio et de télévision privées Télé-Kin-Malebo (TKM), Radio-Télé-Kin-Malebo (RTKM) et Canal Kin; Pour rappel, ces médias avaient été "confisqués" en septembre 2000 sur décision du gouvernement exécutée par "l'ambassadeur Dominique Sakombi, alors titulaire du portefeuille de la Communication et Presse.
La première raison invoquée à l'époque était la présence de leurs propriétaires, Aubain Ngongo Luwowo et Jean-Piere Bemba, dans la rébellion. Les gestionnaires de TKM et RTKM ayant démontré que leur patron, Ngongo Luwowo, n'appartenait à aucun mouvement rebelle, cette argumentaire avait été abandonnée au profit de celle du détournement des matériels achetés avec des fonds publics. Sur ce terrain aussi, Ngongo Luwowo et ses employés avaient étalé sur la place publique les preuves de l'acquisition de leurs équipements sur fonds propres.
C'est sans doute grâce à la Commission interministérielle mise sur pied par Kikaya Bin Karubi que le droit a finalement triomphé de l'arbitraire. Le coup d'envoi du Dialogue inter-congolais n'est pas étranger à ce signal fort de Kinshasa en direction des participants. Au-delà de la levée de la mesure qui avait transformé TKM en RTNC 4 et Canal Kin en RTNC 3, il reste le contentieux des journalistes et agents administratifs révoqués à cause de leur refus de cautionner l'illégalité. Les cas les plus connus sont ceux de Lumbana Kapasa (ancien Directeur Général), Dimandja Wembi (ancien Directeur des Informations), Amisi (ancien Rédacteur en Chef), Jean-Pierre Kapongo (reporter). Logiquement, ces confrères devraient être rétablis dans leurs anciennes fonctions, avec réparation morale et financière.
Dans un communiqué rendu public hier, l'organisation non-gouvernementale "Journaliste en danger" (JED) salue le courage politique du ministre Kikaya et se félicite de cette décision qui n'a fait que réparer un abus de pouvoir qui a conduit à une violation flagrante de la liberté de la presse et du droit à la propriété privé. Et, afin que plus personne, à l'avenir, ne puisse profiter des fonctions publiques pour régler des comptes inavoués, JED demande qu'un état des lieux soit effectué et que tous les coupables soient sanctionnés conformément aux lois de la République.
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