Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Vente de terrains a la SN/HLM: Les acquéreurs refusent le remboursement des montants déposés

Dakar — L'annulation de la procédure de vente de terrains à des particuliers, décidée par la SN/HLM tourne au dialogue de sourds. La SN/HLM évoque un manque de réserves foncières pour justifier sa décision, les acquéreurs, eux, rejettent toute idée de remboursement.

Le secrétaire général de SN/HLM a eu toutes les peines du monde pour ramener à la raison deux dames qui se sont présentées à son bureau, hier matin. Après vérification, c'est tout soulagées qu'elles ont quitté la direction des HLM car elles ne sont pas concernées par la mesure d'annulation de vente de parcelles décidée sur le site dit HLM Bourguiba. Ce qui n'est pas le cas de Mamadou Khabane Faye. Il fait partie des neuf personnes à qui la SN/HLM compte rembourser leur apport personnel pour l'acquisition d'une parcelle viabilisée sur un terrain jouxtant la SENELEC Bourguiba et le bassin de réception des eaux pluviales. Ce qu'il ne veut accepter sous aucun prétexte.

En effet, selon lui, il a suivi toute la procédure administrative requise pour prétendre à un terrain. Il s'est bel et bien présenté devant Mamadou Mbow, chef de section Vente à la direction de la SN/HLM. Ce dernier lui aurait présenté une maquette sur laquelle sont matérialisés les terrains restants. Il a alors jeté son dévolu sur une parcelle avant de se rendre à Banque de l'habitat du Sénégal (BHS) pour verser dans le compte numéro 01 67001000 S10, ouvert à cet effet, la somme de 6 621 333 francs CFA, représentant les deux tiers du prix de cession d'une parcelle vendue à 50 000 francs CFA le mètre carré. Etant entendu que le reliquat devrait être versé après aménagement et viabilisation du site.

Une fois ces formalités remplies, M. Faye est retourné à la SN/HLM pour le visa de son chèque et le complément de son dossier. Grande a été sa surprise lorsqu'on lui a signifié l'annulation de la procédure de vente le jour où il s'est présenté pour retirer la lettre de confirmation de l'acquisition du terrain. A la place, il s'est vu proposer le remboursement de la somme versée. Une décision qu'il refuse d'entériner. Et les multiples explications du secrétaire général de la SN/HLM n'y feront rien. " Je ne peux pas entendre parler de remboursement. Tout ce j'attends des HLM, c'est un terrain sur le site indiqué sinon je vais porter plainte ", fulmine t-il.

Du côté de la direction de la SN/HLM, on affiche une certaine sérénité malgré la délicatesse du dossier. Selon le secrétaire général François Xavier Kane, c'est lors de la passation de service entre Racine Mbaye, l'actuel directeur de la société, et son prédécesseur, le 3 mai dernier, qu'il a été relevé qu'il restait 18 parcelles sur les 38 que compte le site Bourguiba, les autres ayant déjà été commercialisées par l'ancienne direction sur autorisation du Conseil d'administration. D'autre part, une procédure de vente avait également été déclenchée en ce qui concerne quatre autres terrains. " Pour des raisons de continuité administrative, la nouvelle direction n'a pas voulu remettre en question les actes de vente ", précise F. X. Kane. Il reste alors le cas des treize parcelles, dont neuf font l'objet de litiges. En l'absence du directeur général, c'est son secrétaire général qui est monté au créneau pour justifier la nouvelle politique de la société sur le site dit HLM Bourguiba.

Différents scénarios d'aménagement

Selon M. Kane, dès sa prise de fonction, l'actuel directeur général a dégagé avec ses proches collaborateurs un ensemble de scénarios concernant le terrain. Une décision qui s'imposait à son avis d'autant plus qu'au ministère du Budget, " on ne comprenait pas pourquoi la SN/HLM a décidé de vendre des terrains à des particuliers au moment où elle fait face à des problèmes de réserves foncières ". Dès lors, fallait-il continuer la vente individuelle des terrains restants ? Fallait-il regrouper ceux qui ont déjà été vendus et ériger des immeubles sur le reste du site ? Fallait-il y aménager des logements personnalisés vendus sur plan ?

A en croire M. Kane, la nouvelle direction était encore au stade de la réflexion lorsqu'elle a constaté le versement, sur le compte de la société, de sommes pour l'acquisition de neuf des treize parcelles. C'est donc " tout naturellement " qu'elle a décidé de remettre en cause l'acquisition des neuf terrains litigieux. Les quatre autres n'avaient pas trouvé acquéreur au moment de l'éclatement de l'affaire. La société a alors décidé de rembourser aux prétendants les sommes déjà versées en attendant de situer au plan interne les responsabilités, quant à la poursuite de la vente. Une lettre a d'ailleurs été adressée aux personnes concernées afin d'éviter, selon M. Kane, l'amalgame car seules neuf personnes sont effectivement concernées par l'annulation de la vente.

Cette affaire reste toutefois une nébuleuse au sein même de la boîte car tous ne parlent pas le même langage. Selon le directeur des Parcelles assainies, Abdoulaye Ndiaye Sall, la décision de poursuivre la vente des parcelles a bel et bien été évoquée en réunion. Reste à savoir celui qui a répercuté l'information auprès des agents puisque aucune note de service n'a été signée à cet effet.

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