L'Avenir (Kinshasa)
1 Novembre 2001
Les importateurs des vivres frais viennent de mettre fin à la crise du poisson le plus consommé à Kinshasa, le mpiodi ( chinchard), qui a disparu sur le marché kinois pendant plus au moins deux semaines. Devant quelques membres du gouvernement, parmi lesquels Mathias Bwabwa wa Kayembe, vice-ministre à l'Economie et ministre ai du méga ministère des Finances, Budget et Economie ainsi son collègue Luhongwe, vice-ministre du même ministère chargé des finances et budget et les importateurs ont procédé lundi à Kingabwa, à la livraison d'une importante quantité des vivres frais, notamment les mpiodi dont un carton de 16 + coûte 8.885 Fc. Au moins 1.500 tonnes des vivres frais sont déjà disponibles pour approvisionner le marché kinois. Bwabwa wa Kayembe a profité de cette occasion, pour en appeler à la conscience des Kinois, surtout les détaillants, à qui le vice-ministre a recommandé de ne plus créer de la spéculation au niveau des prix des chinchards étant donné que les stocks sont désormais disponibles et suffisants. Bwabwa a rappelé que la rupture des mpiodi constatée durant les deux semaines passées, serait liée aux perturbations connues au niveau de la pêche en haute mer. Cependant, le représentant du gouvernement est resté catégorique quant aux prix qui doivent être appliqués par les détaillants. Selon lui, un carton de mpiodi de 16+ ne doit pas excéder les 10.600 Fc. " On a fait la promesse à la population qu'on va réapprovisionner les marchés en vivres frais, surtout en chinchards ont promis les importateurs. Il y a d'autres tonnes qui vont suivre. La population n'a plus donc de raison de se bousculer devant les chambres froides. Le gouvernement de la République va tout faire pour qu'il n'y ait plus de rupture. Un carton de 16+, pour ce qui est des chinchards, est vendu à 8.885 Fc et doit être revendu à 10.600 Fc par les distributeurs.
Ceux-ci ont environ 12% de profit ", a déclaré Bwabwa wa Kayembe qui a promis que le gouvernement va charger les inspecteurs des affaires économiques pour suivre l'application des prix afin d'éviter de la spéculation.
Sur place, les femmes vendeuses, qui ont demandé qu'un carton de mpiodi de 16+ coûte 7000 fc, prix d'avant la période de la rupture, se sont insurgées contre le fait que les importateurs qui vendent en gros, s'occupent aussi de la distribution. Les mamans ont été rassurées que les prix vont progressivement diminuer de telle sorte que le carton de mpiodi de 16+ reviendra de nouveau à 7000 fc, comme avant la crise. Pour davantage apaiser les esprits, M. Célestin Mbuyi, Secrétaire général à l'Economie, a demandé aux importateurs de lui transmettre la structure des prix pour l'analyse.
On rappelle enfin que cette livraison est tombée à point nommé, parce qu'il y a deux semaines, toute la capitale se plaignait de la rareté ainsi que de la hausse sans mesure du prix des chinchards, le poisson le plus adulé par les kinois. Grâce au groupe d'importateurs, le mpiodi, la denrée la plus consommée quasi-totalité de la population de Kinshasa à cause de son prix abordable, vient de cesser d'être un luxe. Car, pendant la rupture des stocks, le kilo de chinchards est passé en moins de temps de 250 fc, à 600 fc. Cette situation avait fortement bouleversé les habitudes alimentaires des kinois. Interrogés sur la question, nombre d'importateurs avaient prétendu que la rupture des stocks aurait été consécutive au grand retard qu'avaient connu les cargaisons attendues à Kinshasa, qui devraient accoster au port maritime de Matadi depuis le début du mois d'octobre.
Aujourd'hui, c'est chose faite, avec cette livraison qui a été suivie par d'autres hier, le mpiodi est de nouveau sur le marché au grand bonheur des ménagères.
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