M. GUEYE
19 Novembre 2001
La digue de Kissane n'est pas porteuse que de bienfaits pour les autochtones. Elle laisse prévoir aussi des conflits fonciers dans le futur. Le premier problème est celui des propriétaires de terres inondées. Qui va se charger de leur donner une compensation ? Le préjudice qu'ils ont subi n'est pas que moral. Il peut s'estimer financièrement. Par ailleurs, certaines terres vont voir leur valeur augmenter. Les paysans se sont plaints de l'épuisement de la terre dans la zone. Des terres se sont retrouvées sans grande valeur sur le plan agricole. L'eau de la digue va permettre de développer l'irrigation des terres. Une bonne partie va recouvrer sa fertilité. Et par là même, augmenter sa valeur.
À côté de cela, un autre risque est celui de voir la spéculation foncière se développer dans la zone. La construction de la route et l'électrification future vont définitivement sortir de son isolement cette partie de la communauté rurale de Notto. La proximité de la ville de Thiès et du futur aéroport de Ndiass risquent d'attirer les spéculateurs fonciers vers cette zone. Le risque n'est pas négligeable. On sait que la présidente de la communauté rurale de Ndiass a voulu l'écarter de sa juridiction. Elle a suspendu toutes les opérations foncières dans sa zone.
Les équipements modernes dont il est doté rendent déjà le village de Kissane attrayant. Il jouit déjà d'un poste de santé moderne et bien équipé. Construit par "Plan", il ne lui manque que l'électricité pour être absolument opérationnel. Une école primaire fonctionne déjà sur les lieux. Moustapha Diaw, de Plan international, assure que les équipements qu'ils opèrent dans le village entrent dans le cadre du Programme de lutte contre la pauvreté.
Il ne faudrait pas qu'ils mettent les populations dans l'embarras. Les quatorze mille personnes de la zone doivent en être les premiers bénéficiaires. Monsieur Diaw préconise que l'on facilite "la maîtrise de règles foncières pour que tous les villageois puissent profiter de cet ouvrage". Son organisme joue le rôle de facilitateur auprès des populations. Il leur facilite le contact avec les autorités et les structures concernées. Le but ultime étant de placer la zone dans la voie du développement durable.
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