Karim Kebir
24 Décembre 2001
Les travailleurs de la Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA) ne sont guère satisfaits de la gestion de leur entreprise. A l'appel du syndicat UGTA de l'entreprise, environ une centaine de syndicalistes ont observé hier un sit-in devant le siège de la direction générale à Alger pour dénoncer ce qu'ils qualifient de «pratiques hypocrites» du président du directoire, Messaï Hacene. «Quatre ans de mauvaise gestion, barakat», ne cessaient de scander les protestataires. «Pour des gestionnaires à la hauteur des mutations socio-économiques», lisait-on sur une banderole arborée. Les représentants des travailleurs, qui se sont relayés à la tribune, ne sont pas allés du dos de la cuillère pour fustiger le premier responsable de l'entreprise en poste depuis 1997. Plusieurs griefs sont retenus contre lui. Outre son «incompétence», ils lui reprochent d'avoir stoppé le plan de développement arrêté en 1997. Selon les syndicalistes, ce plan de développement s'est vu «réduit à une simple opération d'acquisition de confectionneuses de cigarettes qui ne seront réceptionnées totalement qu'au cours de cette année [2001], accusant un grand et fatal retard qui aggrava l'écart entre une demande croissante depuis des lustres et une offre réduite chaque jour davantage vu la réduction des capacités de production, conséquence d'une crise structurelle interne». «Cette mesure, ajoutent-ils, a perturbé le marché de la cigarette et a alimenté la spéculation.» Les représentants des travailleurs reprochent également au premier responsable de l'entreprise son «reniement» de la représentation des travailleurs lorsque, expliquent-ils, «le syndicat de l'entreprise pose certains problèmes socioprofessionnels, notamment celui de la rupture de la relation de travail du personnel "contractuel" dont la permanisation est garantie par les textes législatifs».
Selon un syndicaliste, le président du directoire aurait passé un contrat de partenariat avec une entreprise émiratie, «unilatéralement», sans consultation du partenaire social. «On ignore le devenir de la SNTA», dit-il. Présent au rassemblement en guise de soutien au mouvement, le secrétaire général (UGTA) des travailleurs de l'industrie de l'agroalimentaire a déclaré qu'«on n'a pas besoin de ce président». Le rassemblement d'hier n'est qu'une première d'une série d'actions de protestations. Ainsi, un mémorandum dans lequel les syndicalistes interpellent les autorités compétentes à «oeuvrer pour le salut de la SNTA en l'épargnant des aventuristes» devait être adressé respectivement au chef de l'Etat, au chef du gouvernement, au secrétaire général de l'UGTA, au ministre de la Participation et la Coordination des réformes et, enfin, au président du CPE. Une réunion du Conseil syndical est également prévue au courant de la semaine. Les syndicalistes n'écartent pas l'éventualité de recourir à une grève générale au cas où des suites ne sont pas données à leurs doléances. Par ailleurs, une réunion des syndicalistes de l'unité de Bab El Oued est prévue pour aujourd'hui. «90% des équipements sont valables. Elle devrait redémarrer», estime un syndicaliste.
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