Emanation du Forum Social Mondial (Fsm) qui s'est tenu à Porto Alegre au Brésil du 25 au 30 janvier 2001, le Forum social africain (Fsa) a eu lieu à Bamako du 5 au 9 janvier 2002. Il a réuni plus de 200 personnes, de 45 nationalités différentes, membres de la société civile africaine et qui pensent qu'un autre monde, différent de celui prôné par la mondialisation, est possible.
Plate-forme de réflexion de ceux que les médias nomment les "anti-mondialistes", la première édition du Fsm de Porto Alegre a rassemblé 14 000 personnes au Brésil l'an dernier. Se tenant aux mêmes dates que le Forum économique mondial de Davos qui réunit les dirigeants des mille sociétés transnationales les plus puissantes, il a pour objectif de déterminer des alternatives au processus de mondialisation prôné et dirigé par le "Club des 1000". Sa deuxième édition aura lieu du 31 janvier au 05 février 2002.
En 2001, l'Afrique bien que très présente dans les débats était, faute de moyens et de mobilisation, physiquement absente. Seule une trentaine de personnes représentaient le continent. Pour remédier à cela et faire en sorte qu'il y ait une voix africaine plus importante et mieux organisée, la réunion du Comité international du Fsm, qui a eu lieu à Dakar à la fin du mois d'octobre, a décidé de mettre en place une plate-forme continentale africaine, un Forum social africain. La première édition a eu lieu du 5 au 9 janvier dernier à Bamako.
En se réunissant, les membres de la société civile africaine abordaient une double démarche consistant à renforcer les organisations du mouvement social en Afrique (syndicats, organisations de femmes, de jeunes, de droits de l'homme, d'environnement, de développement, de consommateurs, de paysans, collectifs d'ong, chercheurs, médias, artistes ) et à consolider le Mouvement social mondial. Bien préparés aux thèmes abordés au Brésil, les participants au Fsa pourront ainsi participer activement et efficacement au Fsm. Les ateliers dans lesquels ont évolué les participants abordaient des sujets divers visant à construire un espace africain d'élaboration concertée d'alternatives à la mondialisation néo-libérale: reconstruction sociale et politique, genre et équité, culture et éthique
Il semble cependant que les espérances soulevées par un tel rassemblement aient été, en partie, déçues. Les anglophones présents au forum ont été très critiques sur plusieurs points. Ils ont regretté les problèmes d'organisation, de transparence et le déficit de communication de la part du Comité organisateur. Certains membres de la délégation sénégalaise, forte d'une quarantaine de membres, ont aussi déploré les problèmes rencontrés.
A l'issue du forum, un secrétariat composé de 12 membres, équilibré en fonction de la géographie, du genre et des secteurs, a été installé. Cinquante personnes présentes à Bamako partiront à la fin du mois à Porto Alegre pour restituer les travaux du Fsa et participer aux débats du deuxième Forum social mondial.

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