La Tribune (Algiers)

Algérie: Le président Abdelaziz Bouteflika à Paris à la recherche d'un nouveau partenariat

Merzak Meneceur

7 Février 2002


Le président Abdelaziz Bouteflika est attendu cet après-midi à Paris pour assister à la réunion de travail entre le chef de l'Etat français, M. Jacques Chirac, et treize de ses homologues africains qui aura lieu demain matin. Après cette réunion consacrée au Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), le chef de l'Etat aura des entretiens avec plusieurs présidents africains et un tête-à-tête avec M. Chirac. Le programme de la journée sera complété par une rencontre avec la communauté d'affaires française, organisée par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Au cours de cette rencontre, indique le MEDEF, le président Bouteflika «abordera l'état des réformes économiques en cours, les priorités du gouvernement algérien et sa vision de la coopération franco-algérienne».A la recherche d'un nouveau partenariat pour son développement qui tarde tellement à venir, le continent africain est représenté par treize chefs d'Etat qui tiendront demain matin à Paris une réunion de travail avec le président français, M. Jacques Chirac. Parmi les représentants de l'Afrique, citons les présidents Abdelaziz Bouteflika, pour l'Algérie, M'beki, de l'Afrique du Sud et Obasanjo du Nigeria, les initiateurs du Programme pour le millénaire (MAP), et le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade, auteur du projet OMEGA. C'est la fusion de ces deux projets qui a donné naissance au Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), adopté en octobre dernier à Abuja (Nigeria).La séance de travail de Paris qui devrait durer deux heures et demie, fait suite aux orientations du sommet du G8 de Gênes en juillet 2001, qui avait adopté un «plan de Gênes pour l'Afrique».

Selon le communiqué officiel de l'Elysée, «elle permettra d'examiner les principaux éléments de ce partenariat et d'être à l'écoute des préoccupations africaines, à quelques mois du prochain sommet du G8 prévu à Kananaskis (Canada) en juin 2002». Située à mi-chemin entre les deux sommets du G8, la rencontre de Paris fait d'abord le point sur le travail accompli par les représentants personnels des chefs d'Etat des pays riches, dont M. Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI, pour la France, et ceux des pays africains lors de leurs réunions de Londres, en octobre dernier, et de Addis Abeba, en décembre. «Ces réunions de travail, indique la présidence française, ont permis de souligner que l'Afrique voulait assurer son autorité sur son propre développement, en mettant l'accent sur la bonne gouvernance, à la fois économique et politique, et sur les notions de responsabilité et de contrôle par les pairs dans le cadre d'une stratégie globale pour attirer les investissements publics et privés.» De même, est-il ajouté, «il a été mis en lumière l'équilibre souhaité entre appropriation et partenariat, ainsi que le lien entre paix et développement».Les chefs d'Etat réunis à Paris examineront ensuite le chemin qui reste à parcourir dans l'élaboration du programme qui sera soumis au sommet du G8 de Kananaskis.

La présidence française assure que «des documents de travail seront élaborés sur les autres priorités qui se sont dégagées : gouvernance, paix et sécurité, développement humain, croissance, ainsi que sur deux thèmes transversaux : coopération et intégration régionales, agriculture et problèmes de l'eau». «La France contribuera plus particulièrement aux thèmes paix et sécurité et croissance et fournira, par ailleurs, une contribution spécifique sur le problème de l'eau.»Réunion d'étape vers l'élaboration d'un plan d'action concret pour l'Afrique qui sera approuvé lors du sommet du G8, la rencontre de Paris ne pourrait donner lieu à des résultats palpables immédiatement. Ce n'est qu'après les déplacements des représentants personnels des chefs d'Etat et de gouvernement du G8 à Pretoria, les 14 et 15 février, à Dakar, du 11 au 13 avril, et à Maputo, du 16 au 18 mai, que pourront se dessiner sérieusement la volonté partenariale et la sincérité des pays riches à contribuer au développement de l'Afrique. Le rapport qui sera adopté à l'issue d'une ultime réunion à Kananaskis, du 2 au 4 juin, avant qu'il ne soit soumis à l'approbation du sommet du G8, permettra de savoir si les Africains, qui semblent avancer dans une cohérence agréablement surprenante, sont suivis dans leur nouvelle approche, le Nepad, d'actes concrets par ceux qui détiennent les pouvoirs économique et financier de ce monde.Ce n'est pas le scepticisme affiché par l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) animée par des experts des Etats occidentaux) dans son étude sur «les perspectives économiques de l'Afrique», parue le 4 février dernier, qui peut plaider en faveur des moyens souhaités par les Africains, environ 64 milliards de dollars au service d'un grand plan de développement s'apparentant au plan Marshall accordé par les Américains aux Européens après la Seconde Guerre mondiale. «Le succès d'une telle entreprise n'est pas garanti», estime-t-elle, pour une ambition qui, de toute façon, sera déterminée par l'attitude qu'arrêteront les Etats-Unis.

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