Oumar Kouressy
7 Février 2002
Le Premier ministre britannique, Tony Blair, sera l'hôte du président de la République du Sénégal, le samedi 9 février prochain. Avec Me Abdoulaye Wade, le chef du gouvernement britannique va essentiellement axer son entretien sur le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) dont l'objectif est le décollage économique du continent africain. Tony Blair participera également à un séminaire organisé par le chef de l'Etat sénégalais sur le thème "Conditions for growth" (les conditions de la croissance), séminaire auquel participeront aussi un certain nombre de leaders africains et de directeurs d'organisations régionales et multinationales.
Première du genre d'un chef du gouvernement britannique au Sénégal, cette visite de Tony Blair à Dakar s'inscrit dans le cadre d'une tournée régionale qu'il a entamée depuis hier, mercredi 6 février et qui le conduit successivement au Nigeria, au Ghana et en Sierra-Leone. Un témoignage de la volonté du chef du gouvernement britannique de faire de l'Afrique "une priorité au cours de son second mandat", souligne un communiqué de presse de l'ambassade de la Grande-Bretagne à Dakar.
Tony Blair qui est, au cours de ce voyage, accompagné de Clare Short, ministre du Développement international et de la baronne Valerie Amos, ministre chargée de l'Afrique et "représentant personnel du Premier ministre britannique au G8 pour le Nepad" a déjà exprimé sa préoccupation sur les risques de développement du terrorisme en Afrique "si rien n'est fait pour y réduire la pauvreté". En comparant le continent africain à l'Afghanistan d'il y a dix ans, Tony Blair souligne, dans un entretien publié par le journal "Times", dans la perspective de son déplacement en Afrique de l'Ouest, qu'"il est crucial de ne pas gâcher les meilleures chances de toute une génération de panser les plaies de l'Afrique. Nous avons le devoir d'agir, nous devons agir".
Le Nigeria, premier point de chute de Tony Blair, où des violences ethniques de ces quatre derniers jours ont fait une centaine de morts, puis la Sierra-Leone, où plusieurs centaines de soldats britanniques sont chargés de maintenir l'ordre après l'échec d'un accord de paix en mai 2000 qui avait conduit les troupes rebelles à menacer directement la capitale Freetown témoignent de la gravité de la situation en Afrique de l'ouest et renforcent la conviction du chef du gouvernement britannique d'aider notre continent. En raison de "non seulement de la misère évidente des gens qui y vivent, mais aussi parce qu'aujourd'hui l'intérêt mutuel et l'intérêt particulier vont de plus en plus souvent de pair", dit-il.
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