Propos recueillis par P. S. DIARRA et M. B. TRAORE
8 Février 2002
MAÏMOUNA DIALLO (mère de Salif Diao), comment avez-vous vécu ce match dans lequel votre fils a marqué le but de la victoire ?
C'était un match chaud, très chaud, mais les «Lions» étaient décidés à gagner. Ils feront tout pour ramener la coupe au Sénégal. Salif avait le moral. Et avec ses copains, ils étaient tous décidés à se battre jusqu'au bout. Ils ont sorti tout ce qu'ils avaient dans le ventre pour le peuple sénégalais. En finale, on va gagner. Inch Allah.
JULES BOCANDE, c'est le genre de match où vous passez par tous les états
C'est ça aussi une grande équipe. Je crois qu'aujourd'hui on a prouvé à toute l'Afrique, au peuple sénégalais, qu'on est une grande équipe. Vous savez, en jouant à dix, on menait 1-0. Vers la fin, on prend un but. Cela pouvait «tuer» les joueurs. Mais les gosses étaient encore là, en train de se battre, de se battre C'était extraordinaire. Cette victoire, on la doit aussi au peuple sénégalais.
MAKHTAR NDIAYE, comment avez-vous vécu le match sur le banc ?
Notre objectif, c'est de gagner la coupe. Le match a été difficile, mais on était courageux et solidaire. Et cela a fini par payer.
HENRI CAMARA, c'était un match d'hommes ?
C'est normal. Si vous avez remarqué, ce match et celui disputé lors de la Can 2000 se ressemblent. Aujourd'hui, on a sorti les tripes. On a fait l'essentiel. Maintenant, il faut qu'on soit plus concentré pour gagner la coupe. Je souhaite qu'on récupère bien pour bien préparer la finale.
VICTOR IKPEBA, déçu par votre élimination ?
«Les Sénégalais ont mérité leur victoire. Nous avons eu l'occasion de revenir au score et de remporter le match, mais nous n'en avons pas profité. Lors de la dernière Can, nous avions éprouvé des difficultés contre eux. Ils ont encore prouvé ce soir. J'espère que ce sera une belle finale ; soit contre le Cameroun, soit contre le Mali. Le Sénégal peut gagner. Il a de bons joueurs motivés qui veulent prouver quelque chose.
SUNDAY OLISEH, comment expliquez-vous votre défaite ?
On a fait des erreurs individuelles, c'est ce qui nous a fait perdre le match.
KHALILOU FADIGA, l'égalisation du Nigeria à trois minutes de la fin vous a-t-elle fait peur ?
Bien sûr qu'on a eu peur, surtout cela rappelait ce qu'on avait connu en 2000. Maintenant, on est très content. On remercie tous ceux qui nous ont soutenus. Et on dit «Allahou Akbar», Dieu est grand. Dieu et Serigne Touba sont avec nous... C'était difficile parce qu'on jouait contre une grande équipe d'Afrique. Le plus important, c'était cette solidarité qu'on n'a pas vue depuis un certain temps. C'était vrai qu'on a eu du mal lors des deux premiers matches. Mais l'essentiel pour nous c'étaient les victoires. On a fait preuve de beaucoup de solidarité et d'abnégation. Et cela a fini par payer. Cette qualification représente beaucoup pour nous. Jamais le Sénégal n'était parvenu en finale d'une coupe d'Afrique, jamais il ne s'était aussi qualifié pour une Coupe du monde. On est très satisfait. On est une génération avec beaucoup d'envie. C'est la concrétisation de tous nos rêves.
EL HADJ DIOUF, que s'est-il passé dans la tête des «Lions» après l'expulsion de Pape Sarr ?
Je crois qu'on a eu un carton rouge qu'on ne méritait pas. Je suis dégoûté par ce qui est arrivé à Pape Sarr. Il ne méritait pas le carton. Je ne dirais pas que l'arbitre a fait quoi que ce soit, mais peut-être qu'il fallait que Pape Sarr prenne un carton rouge pour qu'on entre dans le match. Je crois que toutes les conditions étaient réunies pour qu'on perde le match. Aujourd'hui, on a vu une équipe du Sénégal très solide, qui voulait battre le Nigeria et voulait aussi marquer de son empreinte le football africain. Je crois que c'était ça notre défi numéro un, aller en finale. On a vu une grande équipe du Sénégal qui se fait respecter. C'est vrai que le match s'est joué sur un rien. On savait qu'il allait se jouer sur des détails et on y a cru jusqu'au bout. Je crois que le bon Dieu nous a payés. Entre le Mali et le Cameroun, que le meilleur gagne. On est en finale. On ne va pas trop y penser. On va faire la fête. Après on verra.
[ACONS]
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