Mamadou BIAYE
8 Février 2002
Il l'a promis, il l'a fait. El Hadj Ousseynou Diouf a été un véritable lion face aux «Super Eagles» du Nigeria. «Aller en finale, même s'il faut mourir sur le terrain», avait-il déclaré avant la demi-finale. Il ne leur a laissé aucune plume, lors de ce face-à-face qui avait des allures de revanche pour certains.
Surulere n'existe plus, Bamako (terrain neutre) l'a remplacé désormais dans les mémoires des Sénégalais. Par contre, pour les Nigérians, la hantise du cauchemar de Bamako ne fait que commencer. Avec un El Hadj Diouf dans le rôle du grand méchant diable. Même si son nom ne figure pas parmi les buteurs, il a rappelé aux «Aigles» d'en face que le lion est et reste le roi de la savane. Et ce ne sont pas des intrus ailés qui y changeraient quelque chose. Malgré des coups de bec ravageurs, capables de faire mordre la poussière à plus d'un. En ce 7 février 2002, El Hadj Ousseynou Diouf a prouvé qu'il mérite le titre de meilleur footballeur africain de l'année. Tel un fauve enragé, il n'a lâché sa proie qu'au coup de sifflet final de l'arbitre. Et le stade Modibo Keïta se rappellera encore longtemps de ce «Lion» portant une crinière blonde tondu à ras. Car la moindre parcelle du gazon de stade porte aujourd'hui l'empreinte des crampons de l'attaquant sénégalais.
Avec une telle hargne, il a entraîné dans son sillage toute une équipe du Sénégal retrouvée. Une équipe qui a mouillé le maillot national et dont tout un peuple est fier aujourd'hui. Même si la défaite était au bout, le peuple aurait bombé le torse, car les «Lions» seraient tombés les armes à la main. Ce qui était loin d'être le cas lors des matches du premier tour.
La partie livrée hier par le goleador sénégalais a réconcilié El Hadj Diouf avec une bonne partie des supporters. Car, il faut le reconnaître, malgré tout son talent et son apport à l'équipe nationale, certaines de ses déclarations étaient restées au travers de la gorge de certains et avaient toujours du mal à passer. Depuis lors, des excuses sont venues aplanir tant bien que mal ce différend, sans pour autant effacer le sentiment de frustration d'avoir été trahi par un enfant que tout un peuple chérit.
Aujourd'hui, la situation est en train de revenir à la normale. Il suffit seulement qu'El Hadj Diouf contrôle ses déclarations et soit posé dans ses réactions hors des terrains. Il pourrait prendre exemple sur son voisin de chambre de l'hôtel Mirabeau, Khalilou Fadiga.
Autre exemple dont doivent s'inspirer les «Lions», c'est ce match qu'ils viennent de livrer contre le Nigeria. Avec une performance de ce genre le 31 mai prochain contre la France, et un El Hadj Diouf égal à lui-même, les «Lions» auront fini de remplir le contrat moral signé avec le peuple sénégalais. Et nous n'en savourerons que davantage notre premier titre continental, dimanche prochain à Bamako. Croisons les doigts en disant : pourvu que ça dure
[ACONS]
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