Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Abdoulaye Sarr (entraineur adjoint) 'prêts pour le combat'

Recueillis par Mbaye KASSE

9 Février 2002


interview

Que vous inspire cette qualification du Sénégal pour finale de la Can 2002?

C'est une première qui entre dans le cadre normal des choses. Avec cette équipe talentueuse, nous avons toujours affiché nos ambitions. Tout découle de l'organisation, au travail que nous avons mené depuis quelques années de manière collégiale. C'est une récompense pour le peuple sénégalais qui a tant attendu ce moment.

Nous pouvons dire que le travail a payé. Maintenant, il faut redoubler d'effort et d'essayer d'arriver jusqu'au bout c'est à dire ramener la coupe à Dakar.

Quels ont été les consignes après l'expulsion de Pape Sarr?

Nous avons revu le poids de Pape Sarr dans le dispositif tactique. Nous avons alors réduit notre potentiel en attaque en ramenant Henri Camara à des tâches beaucoup plus ingrates. Dans ces moments, il fallait laisser l'équipe le moment de reprendre son esprit car l'expulsion d'un élément aussi capital comme Pape Sarr perturbe forcément l'équilibre de l'équipe.

Pour autant, à aucun moment, nous avons eu peur. Nous connaissions le Nigeria et savions qu'avec l'esprit de solidarité qui anime ce groupe la finale était notre portée. La sortie de Pape Sarr a galvanisé l'équipe. Chaque joueur a compris qu'avec un nombre réduit, il fallait se démultiplier et être beaucoup plus solidaire.

Nous avons réduit l'espace de jeu en étant présent et concentré au marquage. Nous avons aussi développé notre jeu bien élaboré sur toute la largeur en essayant de rechercher la profondeur.

Si nous avions mis Pape Sarr à un poste inhabituel, nous avions compris qu'il avait un bagage énorme au niveau de la récupération et de la relance. Et l'effectif est très riche, nous avons intégré Pape Bouba Diop pour densifier le milieu. Ainsi, Salif Diao et Bouba ont joué en écran pour contrer Okocha et Oliseh.

Et comment se prépare la finale contre de dimanche face au Cameroun?

Nous avons respecté l'esprit qui a toujours prévalu, car nous croyons en notre jeu. Il n'y a pas d'adversaire qui nous fasse peur.

L'équipe sénégalaise a t-elle les ressources physiques nécessaires pour aborder ce match?

Après 120 minutes de jeu et à dix pendant une bonne partie de la rencontre nous a permis d'avoir beaucoup plus d'éléments d'appréciation pour remettre les joueurs au point. Des mesures de prévention ont été prises avec le staff médical. Pour la séance d'aujourd'hui (hier, ndlr), nous avons décidé de reposer les éléments qui ont joué contre le Nigeria. Néanmoins, le joueur qui éprouve le besoin de suer, il peut le faire avec le groupe qui n'a pas joué.

Pour vous dire que dimanche nous serons prêts sur le plan physique.

Que savez-vous de l'adversaire?

Chaque match a son lot d'enseignements sur le plan collectif et individuel. Le Sénégal a assez d'arguments. Nous avons observé l'adversaire à plusieurs reprises. Sur le plan de l'organisation individuelle, il n'y a rien à cacher. Nous connaissons l'adversaire comme il nous connaît.

C'est à nous de développer la stratégie pour gagner ce match. Et je pense qu'on part à 50/50.

Selon vous quelle sera la clé de cette finale?

Ce genre de match se joue sur des détails. Et on est préparé à cela. Il faudra être présent pendant 90 minutes et insister sur le collectif parce qu'individuellement, les deux équipes ont des éléments capables de faire la différence.

On a vu depuis le début du tournoi comment le Sénégal s'en sortait. En clair, nous sommes prêts à les contrer.

Donc, vous vous attendez à un combat physique?

Nous n'avons aucune crainte à ce sujet. Depuis que ce groupe est en place nous n'avons jamais baissé pavillon sur ce plan. C'est un élément déterminant dans la préparation. Les données de l'entraînement imposent que pour pouvoir se mouvoir sur le plan technique et tactique il faut afficher une bonne santé physique.

Nous n'avons pas peur de ce combat physique, mais nous comptons sur d'autres arguments en plus du volet physique pour essayer de faire la différence.

Même sur les balles arrêtées domaine dans lequel ont excellé les "Lions" lors de cette Can?

Ce n'est pas une chose spécifique aux "Lions". Sur beaucoup de match, les décisions ont été faites sur des coups de pied arrêtés (coup franc, corner..) Et même les touches pour les Camerounais.

Aujourd'hui à valeur égale, la différence se fait sur un rien. Nous essayons des combinaisons et demandons aux jours d'en créer selon leur propre registre. Nous n'avons négligé aucun paramètre, même les penalties.

L'objectif initial de l'équipe étant déjà atteint qu'est-ce qui vous faire courir maintenant?

Il fallait procéder par étape. L'objectif premier était de figurer dans le dernier carré. Maintenant, il faut essayer d'aller plus loin possible. Nous jouerons la finale avec la ferme ambition de prendre la coupe. D'autant plus que nous n'avons jamais eu cet honneur.

[ACONS]

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