Reda Naïm
12 Février 2002
La 23e édition de la CAN a été marquée par la parcimonie des attaquants
Le Sénégal et le Mali constituent indéniablement les révélations de l'année. A l'avenir, il faudra compter avec eux
Le rideau est tombé sur la 23e édition de la Coupe d'Afrique des nations avec le triomphe mérité du Cameroun en finale à Bamako face au Sénégal, grande révélation du football continental. La finale de dimanche dernier a pris l'allure d'un show de haute gamme. Les deux équipes ont démontré leur grande notoriété l'espace de 120 minutes pleines d'engagement et de «férocité». Les «Lions indomptables» ont dû puiser dans leurs ressources, et surtout avec un mental de fer, pour arracher le nouveau trophée de la CAF mis en jeu cette année. Ils complètent de la sorte leur palmarès par un quatrième titre et un avenir très prometteur à commencer par le Mondial 2002 qui constitue la priorité des priorités pour les Camerounais. Le Sénégal, finaliste malheureux de la compétition, aura été sans doute la grande attraction par un football chatoyant joué par une bande d'artistes emmenée par un Hadj Diouf au talent presque inégalable. Qualifiée pour la première fois de son histoire à une phase finale de coupe du monde, l'équipe du Français Bruno Mestsu a surclassé en terre malienne tous ses adversaires avec un premier tour qui a pris une simple formalité devant des équipes aussi huppées que la Tunisie, l'Egypte ou la Zambie. Les lions de la «Terangua» ont eu, aussi, l'honneur d'écarter de la course au sacre final les Super Eagles du Nigeria dans une demi-finale qui restera gravée dans les annales du football africain.
Le Mali et sa légendaire «Diatigiya» s'est comporté dans ses bases comme l'une des valeurs sûres sur l'échiquier continental en arrivant à atteindre le carré final pour ne céder que devant les inimitables Camerounais, futurs champions. Avec des éléments ayant pour la plupart fait partie de l'équipe juniors qui s'est distinguée de forte belle manière aux précédents championnats juniors, le Mali peut se targuer aujourd'hui d'avoir l'une des meilleures formations du continent. Pour bon nombre d'observateurs, une seule leur manque uniquement : le métier. Côté déceptions, il faut retenir surtout la déchéance du football maghrébin dont les trois représentants (Algérie, Tunisie et Maroc) sont sortis par la petite porte, ne pouvant pas franchir le premier tour. Un tour puis s'en vont. C'est l'image d'un football en déclin même avec des Tunisiens auréolés de leur deuxième participation de suite à un mondial de football. Seule l'Egypte d'El Gohary a su tirer son épingle du jeu pour préserver un tant soit peu l'honneur perdu du football nord-africain. Mais les Pharaons ont vite cédé du terrain, en quart de finale, quoique petitement face au Cameroun. Cette 23e édition a été marquée surtout par la parcimonie des attaquants : 48 buts ont été marqués seulement en 32 matchs (soit la faible moyenne de 1,5 but par rencontre). Un frêle capital dont le football africain pouvait se passer volontiers.[ACONS]
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