Aziz DIAGNE
12 Février 2002
Qu'a fait donc El Hadj Diouf pour mériter les piques assassines que lui lance Gérard Dreyfus, le vieux reporter de Rfi qui semble arpenter lentement mais sûrement les pentes de la sénilité. La raison semble tenir à une admiration débordante qui n'est pas payée de retour. Dreyfus n'a pas digéré que la vedette sénégalaise ait décliné son invitation à venir chater avec les internautes rameutés par Dreyfus qui croyait tenir son affaire.
Radio France internationale (Rfi) compte de grands journalistes professionnels. Personne n'en doute. Mais parfois, il leur arrive de disjoncter. Gérard Dreyfus est surnommé «Gérard l'Africain» pour sa prétendue connaissance du football du continent. Mais avec la Can-2002 au Mali, le «Monsieur Football» de la radio mondiale, est descendu bien bas. El Hadj Diouf a été, pendant toute cette Can, sa cible, son gibier, le footballeur à tuer. M. Dreyfus ne rate aucune occasion pour distiller son scepticisme sur les performances d'Ousseynou Diouf. Mais cet acharnement n'est que l'expression d'un ressentiment né de quelque chose qui, en d'autres circonstances, serait appelé dépit amoureux. Parce que, tout simplement, il avait invité le champion «en pactotille» à un chat sur le site internet de Rfi et que ce dernier, semble-t-il, aurait fait faux bond. Permettez-nous de douter que le joueur sénégalais ait volontairement refusé de participer à la «souris» de Rfi d'autant que Diouf a expliqué qu'il n'avait pas donné sa parole à nos confrères. La parole de Dreyfus est-elle plus importante que celle du joueur sénégalais ? Nous ne le croyons pas.
Toujours est-il que la «radio mondiale» diffusera sur ses ondes une information selon laquelle Diouf était suspendu pour la finale pour cumul de cartons, avant de rectifier honteusement. Pourtant, on apprend dans les écoles de journalisme qu'une info, ça se vérifie, mais à Rfi, on est si sûr de soi qu'une minime vérification n'en vaut pas la peine. Toutes ces fausses informations sur une seule personne, en l'occurrence Diouf, avouez que ça fait trop. Nous n'osons pas croire que tout ceci participe d'un vaste complot contre l'équipe du Sénégal qui doit rencontrer la France en match d'ouverture de la Coupe du monde. Hormis Gérard, Joseph Antoine Bell, le soi-disant consultant de Rfi, nous a démontré, au cours de la finale, qu'il était plus un supporter de son équipe, le Cameroun, qu'un observateur neutre, appelé à décortiquer le match pour une meilleure compréhension du jeu et de l'enjeu. Rfi nous avait habitué à meilleures prestations. L'autre énergumène sur les médias français, on le retrouve sur Canal+ horizons. Il s 'appelle Mourad et est limité dans ses analyses, avec des commentaires qui frisent le racisme. Au cours du match Sénégal-Zambie, M. Mourad ne s'est pas empêché de qualifier Souleymane Camara de «nègre». Il disait ceci : «Souleymane Camara surgit comme un nègre pour catapulter la balle au fond des filets.» En plus, il continue avec des commentaires désobligeants en attaquant l'équipe sénégalaise.
N'en déplaise à ces oiseaux de mauvais augure, l'équipe sénégalaise ira loin. Car cette génération est talentueuse et joue bien au foot.
A la prochaine, Gérard et Mourad ![ACONS]
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2002 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.