Papa Samba DIARRA
12 Février 2002
C'est une randonnée qui s'est jouée en six étapes. Avec plein de pièges dans le premier parcours, beaucoup d'hésitations lorsqu'il fallait passer le gué des quarts de finale, de la détermination à l'entame de la dernière ligne droite et un finish au coude à coude derrière le Cameroun.
DIMANCHE JANVIER, SENEGAL- EGYPTE : 1-0 : Un dépucelage difficile
Voilà trois jours que les « Lions », arrivés à Bamako le jeudi précédent à 19 h 30, enflamment la capitale malienne. Les "Lions" ? Non, Diouf plutôt. "Aladji Dioufou, Aladji Dioufou" scande, tout excité, le peuple malien. Stupéfaction, Bamako aussi s'est éprise du buteur à la toison d'or. Certes, "Aladjiblen" (Ndlr : comprenez El Hadj le Rouge) ne supplante pas dans son coeur "Seydoublen" (Seydou Keïta), mais elle lui voue un amour considérable.
El Hadj Diouf en a "chaud au coeur", mais évite, en cette entame d'une Can-2002 où il est très (voire trop) attendu, de faire trop mousser son ego : "Je rappelle que la star de l'équipe du Sénégal ce n'est pas Diouf, c'est le collectif." La suite démontrera que cette ritournelle, maintes fois chantonnée par son auteur, n'a jamais manqué de pertinence. Diouf avait pensé vrai, c'est en équipe, en bloc surtout, que le Sénégal devra s'avancer ce dimanche après-midi du 11 février, pour sa première sortie dans cette Can où les "Lions" arborent, avec des prétentions avouées, des costumes à paillettes de favoris du tournoi. "Tout ce que nous avons réussi jusque-là est très beau, voire génial. Mais, malgré tout, 2001 n'a été qu'une année de semences. C'est maintenant qu'il faut commencer à récolter", explique Salif Diao, un des "capitaines sans brassard" d'une sélection dont la plupart des membres (14 sur 22) jouent la première Can de leur carrière.
Mais le "dépucelage" s'annonçait difficile. En face, se dresse l'épouvantail égyptien, une force tranquille du foot africain qui rumine sa revanche après son rêve avorté de qualification à la Coupe du monde 2002. "Le Sénégal ne peut pas me surprendre. Je connais très bien cette équipe, je sais comment la prendre", confie avant le match Mahmoud Al-Gohary, le "sorcier" égyptien. En joignant l'acte à la parole, sur la pelouse "pourrie" (Diouf dixit) du stade Modibo Keïta, l'entraîneur des "Pharaons" tisse une toile devant les couloirs d'une équipe sénégalaise qui, les ailes ainsi rognées, ne pourra jamais s'envoler dans la partie.
Moussa Ndiaye et Fadiga, mis en résidence surveillée sur les flancs, le 4-4-2 de Metsu se plante sur l'ersatz de gazon du stade Modibo Keïta. Les mouvements extérieurs ainsi limités, les dédoublements sur les côtés quasi impossibles, l'ensemble sénégalais, pris au piège égyptien, baragouine un football approximatif. Diouf est cadenassé devant et son compère Henri Camara s'empale souvent dans une défense qui sait anticiper sur sa vitesse. Le match nul, que semblait promettre le film du match, paraissait pendant longtemps un moindre mal. Mais ces "Lions" avaient la gnac, une rage de vaincre et surtout une énorme réussite. Ils s'arc-boutent alors à leur envie et finirent par trouver l'ouverture à six minutes de la fin.
Sur un corner repoussé de Fadiga, Lamine Diatta, des 20 m, lobe d'un coup de tête venu d'ailleurs toute l'arrière-garde égyptienne. "J'ai juste mis la tête et puis but", dira plus tard le "héros" du jour qui, par ailleurs, et à l'image de toute l'arrière-garde des "Lions", a été impeccable. Loin du reste d'une équipe du Sénégal, au jeu dérisoire, qui met vite des oeillères sur "l'essentiel". Bruno Metsu dira : "On s'attendait à un match difficile. Le Sénégal ne pouvait pas se courber et ramasser une victoire. En face, il y avait une très bonne équipe égyptienne. On a su gagner, c'est l'essentiel." "L'essentiel", le mot est trouvé.
Samedi 26 Janvier. Sénégal-Zambie : 1-0. : Les «coiffeurs» sont de sortie
Une semaine. Les "Lions", promus d'entrée leaders de la poule D, avaient plus de six jours de répit avant de remonter sur la scène. Six jours qui se révéleront difficiles. La mise sous presse de "l'incident du Byblos" provoque des remous dans la "tanière". L'ambiance est tendue entre joueurs et journalistes sénégalais. Amara Traoré (à l'occasion) et Joseph Ndong (officiellement) ont beau jouer les "conciliateurs", la "famille" avait du mal à s'unir autour de l'essentiel. La presse doit avouer le "crime" d'avoir publié un article sur les virées nocturnes de certains "Lions". L'écho, venu de loin, d'un Sénégal remonté contre le groupe, remet une couche de pression sur l'équipe. Quelques joueurs sont à deux doigts de péter les plombs : "Certains garçons ont pensé rentrer. Ils ont été dégoûtés", confiera plus tard Jules Bocandé, membre de l'encadrement technique.
Mais à vingt-quatre heures du match, Metsu refuse de laisser percer publiquement la plus petite appréhension : "La force de ce groupe, c'est qu'il a un mental de fer. Il ne doute presque jamais et c'est serein qu'il va aborder ce match contre la Zambie. Nous sommes confiants." Seulement, personne ne se doutait que le match sera plus difficile que l'avant-match. Seul Salif Diao avait averti : "C'est faux de dire que cette équipe est la plus faible du tournoi. Les Zambiens ont un collectif formidable et ils sont vifs et techniques. On va vers un match difficile." Mais ils n'étaient pas nombreux à vouloir l'écouter.
D'autant que l'annonce d'une épidémie de grippe faisant des ravages au sein de la sélection zambienne renforce sur les certitudes d'une qualification sénégalaise au second tour. "Nous avons doublement besoin de gagner ce match, explique Oumar Daf. Il nous faut nous qualifier dès à présent pour le second tour, mais aussi effacer le passé avec cette équipe zambienne". Une sélection de "Chipolopolo" à laquelle seul le redoutable attaquant Denis Lota va manquer et qui va maltraiter, comme jamais, son homologue sénégalais.
Pendant quarante-cinq minutes, le Sénégal sera trimbalé, voire débordé de toutes parts par le "Mighty Zambia". Salif Diao frise le ridicule devant l'excellent Sinkala et Tony Sylva sauve maintes fois la baraque face à Milanzi. Le choix risqué de Metsu d'aligner un trident Henri-Diouf-Pape Thiaw s'avère vite un échec. L'équipe, bancale, ne réussit aucun enchaînement. Pis, souvent proche de la rupture, elle est sauvée de justesse par le gong de la mi-temps. Dans les vestiaires, ça chauffe comme jamais. Deux joueurs, fâchés sur le terrain, sont tout près d'en venir aux mains. Metsu, conscient de sa mauvaise jugeote, est alors obligé de changer : "J'ai été trop gourmand en mettant trois attaquants d'entrée. J'ai voulu sauter la densité du milieu de terrain zambien et jouer sur la percussion de Thiaw, Diouf et Henri. Mais cela n'a pas payé et il fallait changer."
Sylvain Ndiaye et Makhtar Ndiaye rentrent et rééquilibrent quelque peu l'ensemble sénégalais. Avant que le jeune Souleymane Camara ne lui offre, d'une tête rageuse suite à un centre de Makhtar Ndiaye, une victoire inespérée à la 88e mn. Les "coiffeurs" ont tiré les marrons du feu. Le Sénégal gagne à nouveau sans convaincre. Sans le mériter, dirait presque Roger Milla : "J'étais venu voir un bon match et à l'arrivée, c'est une très bonne équipe zambienne que j'ai vue. Le Sénégal a péché à tous les niveaux du jeu, aussi bien sur le plan technique que tactique." Metsu, quant à lui, a toujours le discours figé sur "l'essentiel" : "Il faut féliciter les garçons qui ont su arracher cette qualification. Et c'était ça l'essentiel."
Seulement, le Sénégal a beaucoup perdu de sa respectabilité. Mais Joseph Antoine Bell, ancien gardien de la sélection camerounaise et observateur averti, se montre indulgent : "Le Sénégal joue mal, c'est vrai. Mais il gagne. Et tant qu'il gagne, il restera un favori." N'empêche, la "tanière", traversée par un vent de contestations, semble surchauffée. Malgré l'obtention du ticket pour les quarts de finale, le jeu indigent de l'équipe exacerbe les désaccords autour de la sélection.
Lundi 4 février. Sénégal-Rdc : 2-0
"Bienvenue à la Can". En ce lundi ensoleillé, les "Lions" vont désormais entrer dans l'épreuve de coupe. Dans la vraie Can, celle où il n'existe point le droit à l'erreur. La "tanière", malgré les apparences, ne respire pas la sérénité. Le jeu produit jusque-là n'offre aucune garantie. Et la pression est énorme. En cas d'échec, la "tanière" risque l'implosion. "Coach Metsu" sait qu'il est attendu au tournant. Que sa tête pourrait être mise à prix au cas où la Rdc, privée de Nonda (malade), passait.
Mais le Français n'annonce pas de révolution : "Je m'attends à un match du même calibre que les précédents. L'équipe subit une pression qu'elle n'a jamais connue jusque-là. Et tant qu'elle sera là, on aura des difficultés pour se libérer." Heureusement, Fadiga est de retour pour peut-être apporter de la lumière dans le jeu sénégalais. "J'ai vécu des moments difficiles, révèle l'Auxerrois dans sa chronique "Keur Khali". Maintenant, c'est du passé. El Hadj (Ndlr : Diouf) et moi, nous nous sommes dit que l'on doit hausser notre jeu". C'est le Sénégal tout entier qui haussera le sien.
Pendant quarante-cinq mn, les "Lions", motivés comme jamais, pratiquent leur meilleur football depuis le début de la compétition. Salif Diao marque de la tête (30e mn) sur un coup franc de Fadiga. Et on se dit que le déclic est enfin arrivé, que l'équipe va se souvenir de son jeu de naguère. Erreur ! Au retour des vestiaires, le collectif sénégalais retombe aussitôt dans ses travers. La Rdc s'enhardit alors et passe souvent à côté de l'égalisation. Mais dans les buts, Tony Sylva est royal. Il tient la baraque à bout de bras. Avant que Souleymane Camara, super-joker de charme, ne vienne offrir à Diouf son premier but dans le tournoi (88e mn). "J'avais dit à El Hadj qu'il allait marquer au second tour, soutient Amara Traoré. Il a enfin trouvé le déclic. C'est parti..".. Rien n'est sûr "Papy". La seule certitude du jour est que le Sénégal, victorieux 2 à 0, s'est qualifié pour les demi-finales.
"On a atteint notre objectif de départ qui était d'être dans le dernier carré, jubile Metsu. Maintenant, tout ce qu'on aura par la suite sera tout bénéfice pour nous". Mais est-ce que tout le monde pense comme lui dans la "tanière" ?
Jeudi 31 janvier Sénégal-Tunisie : 0-0 : Et Metsu-la-science se plante
Bruno Metsu en est horripilé. Il ne veut pas entendre parler de "coiffeurs". "Je dispose tout simplement d'un effectif qui est constitué de joueurs interchangeables. Comme tous n'ont pas pu jouer, le troisième devra me permettre de faire rentrer tout le monde dans la compétition". Voilà qui est clair pour un match-piège qui garde toujours son incidence dans le futur des "Lions" dans cette Can. Si le Sénégal se retrouve à la deuxième place du groupe D, il ira jouer son quart de finale à Sikasso contre l'ogre camerounais. Une issue que beaucoup redoutent. Seulement, Metsu est têtu. Il reste fidèle à son plan de départ. Quitte à "fâcher" quelques "pontes" de la Fédération sénégalaise de football. Quitte à mécontenter Kayes et les milliers de Sénégalais venus de la région de Tambacounda et de l'intérieur du Sénégal voir «leur» équipe de gala.
Le Sénégal, débarqué le jour du match à 11 h, s'aligne dans une formation inédite. Les titulaires habituels sont sur le banc, mis à part «Cap'tain» Aliou Cissé à qui on demande de guider cette troupe pour une mi-temps. Amara Traoré, Habib Bèye, Pape Malick Diop, Amdy Faye et autres Moussa Ndiaye, hommes de base d'un collectif en mal de repères, subissent vite la domination tunisienne. Mais emmenés par un lucide Sylvain Ndiaye et un imposant Pape Malick Diop, les "Lions" résistent tant bien que mal pendant toute la première mi-temps.
A la reprise, Metsu invente un nouveau coup (dont il mourra avec le secret) et aligne Pape Bouba Diop en défense centrale. Le néo-Lensois a juste le temps de se faire expliquer les rudiments de ce poste (qu'il occupe peut-être pour la première fois de sa vie) qu'il commet un penalty (46e mn). Dans les tribunes du stade Abdoulaye Makoro Sissokho de Kayes, les membres du bureau fédéral bouent. Enervés par les risques incommensurables que prend le sélectionneur national. Heureusement, "Zorro" Oumar Diallo arrête le penalty de Benachour. "L'essentiel", encore une fois, est sauf. Le Sénégal pourra retourner continuer son aventure à Bamako. "Ouf !" soufflent certains dirigeants de la fédé, très remontés contre les choix de Metsu. "Ce Bruno-là, il est temps que je lui parle", hurle même un haut responsable. Il était déçu, à l'image d'une population de Kayes qui prétend qu'on lui a gâché sa fête. Le Sénégal a joué avec le feu, mais il ne s'est pas brûlé les doigts.
Jeudi 7 février. Sénégal-Nigeria : 2-1 : Héroïque, fabuleux, fantastique...
Le décalage est saisissant. Y a-t-il tromperie sur l'objectif ? En tout cas, si Metsu cherche à assurer ses arrières en soutenant partout que "l'objectif est atteint", pour les joueurs, la victoire finale demeure le but. "On ne veut s'arrêter là, il nous faut jouer la finale", lance Diouf. "Personnellement, je serai déçu si je ne joue pas la finale", renchérit Daf. Alors mieux vaut attaquer cette demi-finale dans les meilleures dispositions psychologiques.
Sénégal-Nigeria, un 7 février, cela rappelle beaucoup de souvenirs aux "survivants" de la Can-2000. Henri Camara, le premier : "Je garde un mauvais souvenir de la précédente confrontation. Il nous faut battre le Nigeria. Ce match, j'en fais une affaire personnelle." Loin de ce sentiment de revanche, El Hadj Diouf préfère nourrir quant à lui sa volonté de marquer l'histoire : "Il nous faut aller en finale même s'il faut mourir sur le terrain." Il ne se doutait pas qu'il avait tapé dans le mille.
Réduits à dix après trente-cinq mn de jeu, avec l'expulsion de Pape Sarr, les "Lions" sortent un match d'une énormité sans limites. Héroïque, fabuleux, extraordinaire, fantastique, audacieux, le stock de superlatifs s'est avéré insuffisant pour qualifier le match des "Lions". Ce jour-là, Diouf et ses camarades ont tutoyé les dieux. Ils ont littéralement réussi l'impossible. Ouvrant le score à la 54e mn par Pape Bouba Diop, d'un coup de boule suite à un corner de Fadiga, le Sénégal a tenu la qualification jusqu'à trois minutes de la fin. Quand surgit le redoutable Aghahowa qui profite d'une mésentente entre Diatta et Sylva pour marquer. 1-1, tout est à refaire. Le match est fou, fou, fou. Mais, ce jeudi-là, les "Lions" étaient sur un nuage. Et Diao s'arrachera à la 97e mn pour envoyer le Sénégal au paradis.
L'Afrique n'en croit pas ses yeux, le Sénégal a battu le Nigeria en jouant à dix pendant quatre-vingt-cinq minutes. Incroyable ! Inoubliable ! Historique ! Le Sénégal tient sa première finale de Can. La "tanière" rugit de plaisir. Frissons, frissons "C'est extraordinaire ce que les garçons ont réussi ce soir", s'enflamme Metsu. Le Sénégal est enfin réhabilité. Il est redevenu tout beau, il a écrit l'Histoire. Son souvenir sera éternel dans cette Can-2002. Quoi qu'il puisse advenir demain.
Dimanche 10 février. Sénégal-Cameroun (0-0 ; 2 tirs au but à 3 : Si tu ne décroches pas les étoiles, tu atterriras au moins sur un nuage
Demain, c'est cette finale de Can contre le Cameroun, favori logique d'une compétition qui ne lui refuse rien. Mais en ces jours de gloire, les "Lions" ont changé de planète. Ils paraissent plus grands, ils ne touchent terre que pour reprendre l'élan céleste qui les rapproche du Graal. En ces jours de gloire, ils revisitent tout simplement un vieux principe : la bonne taille, c'est quand la tête frôle les nuages. Ils se sont déshabillés de la formidable pression d'un quart de finale les condamnant à la victoire ou à l'échec, puis le poids d'une demi-finale contre le Nigeria. Ils savent qu'ils n'ont plus rien à perdre, puisqu'ils ont déjà tout gagné.
Mais peuvent-ils désormais gagner plus ? Ce n'était plus un gros lot, c'est le banco d'une vie. Alors, dans un élan amnésique qui épure les idées résistantes, ils croient être poussés d'un élan sans nuance vers le titre de champion d'Afrique. Sinon comment expliquer le fait que la jeune révélation Pape Bouba Diop ose défier publiquement l'immense et expérimenté Marc-Vivien Foe ? "Je saurai répondre à Foe. Je ne redoute pas le combat physique. Je suis prêt". Mais est-ce que l'équipe sénégalaise, avec 120 mn intenses de la demi-finale dans les jambes, est prête ? Diouf n'en est pas sûr : "On a toujours cette fatigue dans les jambes. Mais que voudriez-vous que nous fassions ? Il nous faut tout oublier et entrer sur le terrain pour se battre."
Mais l'illusion ne dura qu'une période. Une mi-temps pendant laquelle Metsu comprendra vite qu'il s'est encore une fois trompé en titularisant le très peu puissant Makhtar Ndiaye, devant les mastodontes camerounais. Le temps aussi pour Henri Camara de passer, par deux occasions de but manquées (4e et 17e mn), à côté du Panthéon. Puis l'équipe, faiblissant physiquement, s'écroule presque et laisse le monopole du ballon au Cameroun. La faute à un manque évident d'audace et surtout à ce 4-5-1 dans lequel Metsu l'a confinée en seconde période.
Les "Lions indomptables" dominent, mais ne trouvent pas l'ouverture. Car Tony Sylva, désigné meilleur gardien de cette Can 2002, est resté sur son nuage. Il emmène le Sénégal aux tirs au but et, cerise sur le gâteau, stoppe deux penalties. Mais il est le seul à être en état de grâce, à être d'or ce dimanche. Amdy Faye, Diouf et Aliou Cissé ne transforment pas leurs tentatives. Sur la pelouse du stade du 26 Mars, les "Lions" s'écroulent un par un. C'est passé pourtant tout près. "Papy" Amara en est paumé. Ses sensations qui lui garantissaient la victoire lui ont joué un mauvais tour au dernier moment. Le Sénégal se contentera d'être vice-champion d'Afrique. Il peut certes nourrir des regrets légitimes, il peut aussi se dire que c'était peut-être une occasion rare de remporter la Can, mais il aura la conscience tranquille d'avoir marqué à jamais l'histoire de cette Can-2002. "Pour une équipe qui a un an d'existence, c'était presque inespéré", ajoute Diouf.
ECHOS... ECHOS... ECHOS....
Invitation (1) - A la fin de la finale de dimanche dernier, le président de la République du Mali a appelé El Hadj Diouf en aparté pour l'inviter à dîner. Invitation que l'attaquant des "Lions" a honorée en compagnie de Bruno Metsu.
Invitation (2) - L'invitation du président Alpha Oumar Konaté est allée droit au coeur des Sénégalais qui ont vu, à travers ce geste, un signal fort à l'endroit de son peuple qui a, pendant tout le match, fait preuve d'intolérance à l'endroit d'El Hadj Diouf : le Mali est un pays d'ouverture. [ACONS]
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