Wal Fadjri (Dakar)

Afrique: Liberté de la presse: Rsf interpelle les promoteurs du Nepad

Momar DIENG

13 Février 2002


Les promoteurs du Nepad doivent commencer par balayer devant leurs propres portes en matière de liberté de la presse. Selon Reporters sans frontières, le développement du continent africain passe par là. Wade, Bouteflika, Mbeki, Obasanjo et Moubarak sont interpellés.

Reporters sans frontières (Rsf) invite les cinq chefs d'Etat promoteurs du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) à devenir irréprochables en matière de liberté d'expression dans leurs pays respectifs. Dans un courrier adressé à Abdelaziz Bouteflika, Hosni Moubarak, Olusegun Obasanjo, Thabo Mbeki et Abdoulaye Wade, Rsf «souhaite attirer leur attention sur les violations répétées de la liberté de la presse par plusieurs Etats membres du Nepad». L'organisation dirigée par Robert Ménard estime qu'il leur appartient «de montrer l'exemple afin de gagner en crédibilité auprès de leurs peuples, de la communauté internationale et des partenaires économiques de l'Afrique». Encourageant un projet qui veut promouvoir «la paix, la sécurité, la démocratie, une bonne gouvernance, le respect des Droits de l'homme et une saine gestion économique», Rsf note cependant que «ces objectifs ne peuvent être atteints sans l'existence d'une presse libre, indépendante et pluraliste. Il n'est pas réaliste de vouloir, par exemple, lutter contre la corruption quand des journalistes sont pris à partie dès qu'ils dénoncent les fraudes de l'Etat ou de certains hauts fonctionnaires».

Reporters sans frontières s'est donné une conviction par rapport à l'avenir du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique. «Cette initiative est vouée à l'échec si les Etats membres ne sont pas exemplaires dans le domaine de la liberté de l'information». A travers une géographie des «agressions» contre la presse dans l'espace Nepad, Rsf relève que «( ) dans dix des quinze nations qui composent le comité des chefs d'Etat ou de gouvernement du Nepad, des journalistes sont emprisonnés, maltraités, agressés ou menacés, et des médias sont menacés», alors que «dans quatre autres, la liberté de la presse n'est pas garantie».

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C'est ainsi que Rsf constate que les atteintes à la liberté d'expression se poursuivent en Algérie où «aucune enquête n'a été menée pour retrouver trois journalistes enlevés par les forces de sécurité entre 1995 et 1997». En Egypte, «la pression du pouvoir sur les journalistes demeure bien présente et deux professionnels de la presse sont actuellement emprisonnés». Au Nigeria, «en moins d'un an, dix-sept journalistes ont été agressés, souvent par la police» tandis qu'au Sénégal, «plusieurs agressions récentes de journalistes démontrent que la liberté de la presse reste fragile et que l'Etat doit se montrer particulièrement vigilant». En Afrique du Sud, «où la liberté de la presse est globalement respectée, plusieurs journalistes ont été convoqués par la justice qui souhaite utiliser leurs témoignages dans des affaires criminelles».

Reporters sans frontières a profité de la dernière réunion du Nepad à Paris pour interpeller les chefs d'Etat du Comité de pilotage du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique.[ADF3]

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