Johnson MBENGUE
13 Février 2002
C'est à la Banque africaine de développement (Bad) que revient le rôle de coordination du financement des projets en matière d'infrastructures régionales. L'institution financière se chargera de trouver des financements aux projets ficelés par l'Oua et le G8.
La mobilisation des capitaux privés devra être l'une des locomotives de la mise en oeuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad). Pour mieux huiler la machine, le comité de pilotage des chefs d'Etat initiateurs de cet important programme de développement de l'Afrique qui s'était réuni le mois dernier à Abuja (Nigeria) a confié la coordination du financement du Nepad à la Banque africaine de développement (Bad). L'institution bancaire africaine est chargée ainsi de la coordination de tous les projets en matière d'infrastructures régionales dont le président sénégalais, Me Abdoulaye Wade, est le superviseur. "Nous avons un rôle de conseil en matière d'ingénieurie financière sur tous les autres aspects du Nepad, et nous sommes donc parties prenantes. Nous participons à toutes les réunions du Nepad, que ce soit au niveau du comité de pilotage ou ailleurs", indique M. Oumar Kabbaj, président de la Bad.
Lorsque les projets seront bien ficelés et présentés aux chefs d'Etat à l'occasion du prochain sommet de l'Organisation de l'unité africaine (Oua) et du sommet du G8, prévu en juin prochain au Canada, la Bad va entreprendre toutes les actions nécessaires pour assurer le financement desdits projets, d'une part par ses ressources financières propres et, d'autre part par la recherche de co-financement au niveau de la Banque mondiale, de la Banque européenne d'investissement et d'autres promoteurs.
Déjà, le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique a rallié la confiance du G8 qui entend soutenir ce programme ainsi que l'a annoncé le Premier ministre britannique, Tony Blair, qui était en visite au Sénégal les 8 et 9 février dernier. Le Nepad va ainsi apporter des changements dans les relations liant les pays africains et les pays développés dans ce contexte de mondialisation. Le Nepad a été chaleureusement accueilli, l'année dernière, par les chefs d'Etat du G8, lors de leur sommet de Gênes (Italie).
Selon le président de la Bad, la participation du secteur privé au financement du Nepad est très importante. "Maintenant, pour que cela puisse se faire d'une manière ordonnée, et nous l'espérons à temps, il faut que, dans la plupart des pays, l'environnement soit amélioré pour le secteur privé. Ceci veut dire, comme l'ont dit le président Wade et le Premier ministre Blair, que les questions de gouvernance soient mieux abordées, mieux réglées si l'on veut que le secteur privé s'implique davantage dans les projets africains", précise Oumar Kabbaj.
La mission de la Bad à cet effet ne devrait pas connaître d'obstructions puisqu'elle participe également au financement de certaines banques africaines, par le biais de lignes de crédit à travers son guichet secteur privé pour le financement de la Petite et moyenne entreprise (Pme). "Notre guichet secteur privé a deux axes essentiels d'intervention : des lignes de crédit qui s'adressent aux Pme pour leurs investissements et le financement d'infrastructures privées dont j'ai parlé tantôt. Et là aussi nous sommes très actifs et nous pouvons catalyser toutes les ressources dans ce domaine", avance le président de la Bad.
Aucun chiffre relatif au financement des projets n'a été avancé par les initiateurs du Nepad. Une rencontre est prévue à cet effet en avril prochain à Dakar.[ADF3]
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