Merzak Meneceur
9 Février 2002
Bouteflika a mis en relief les opportunités qu'offriraient des mesures comme la reconversion de la dette extérieure
A Paris pour assister hier matin à la réunion de travail au sommet France-Afrique consacré au Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), le président Abdelaziz Bouteflika n'a certainement pas voulu oublier les intérêts spécifiques de l'Algérie en consacrant une bonne partie de son après-midi à deux cent cinquante hommes d'affaires français qui ont répondu à l'invitation de leur organisation patronale, le MEDEF.Le souci majeur manifesté par Bouteflika au cours de son intervention était de rassurer sur l'état de la mise en oeuvre des réformes économiques et mettre en valeur les aspects attractifs du marché algérien pour les investisseurs étrangers. Sur les privatisations et les mécanismes de la libre concurrence, sur les soutiens de l'Etat aux entreprises et à la dynamisation de la croissance, le Président a énuméré les décisions légales et réglementaires prises par son gouvernement. Il n'a pas manqué ensuite de dire qu'il a «constaté avec plaisir que les entreprises françaises ont pris une part dans la nouvelle dynamique» de l'économie algérienne, en soulignant que ces entreprises manifestent un intérêt aux secteurs des hydrocarbures avec la prochaine loi qui assurera «l'ouverture à la concurrence, comme celui de la gestion de l'eau et du tourisme». Mais le souci du président algérien est de voir ce mouvement d'affaires s'amplifier. Comment ? Bouteflika a mis en relief les opportunités qu'offriraient des mesures comme la reconversion de la dette extérieure qui, a-t-il souligné, «mérite d'être posée et résolue». Comme il n'a pas manqué d'interpeller la COFACE (l'organisme d'assurance des entreprises françaises) pour qu'elle intervienne directement afin d'assurer la garantie de crédits aux petites et moyennes entreprises. En contrepartie, il a fait référence aux efforts du côté algérien, citons l'avènement du lycée international d'Alger qui profitera aux ressortissants français en Algérie. «C'est un geste significatif de l'ouverture de l'Algérie au savoir, qu'il vienne de France ou d'ailleurs», a-t-il affirmé.Pour rassurer encore les chefs d'entreprises, Bouteflika a affirmé que le gouvernement veille au maintien de la stabilité macro-économique et financière, et continuera à faire de cette stabilité le cadre normal de l'économie. Dans cette lignée, il a insisté sur la solvabilité de l'Algérie qui «reste élevée» et «ne soulève pas d'inquiétudes à court et à moyen termes».«La réforme économique est en bonne voie. C'est le moment ou jamais de venir chez nous. Vous ne pouvez manquer cette occasion de faire des affaires», a lancé en guise d'appel le président algérien, convaincu que «face au défi du libre-échange, les entrepreneurs savent que la voie du partenariat est la seule possible», non sans avoir auparavant balayé tout argument sécuritaire en assurant que l'époque de la crainte du terrorisme est révolue. S'il a souligné qu'«il y a mille et un domaines où les entreprises françaises sont les mieux placées que d'autres», il n'a pas manqué d'ajouter : «Si vous avez des avantages commerciaux aujourd'hui, cela n'est pas une fatalité. Si vous voulez garder vos intérêts, il faut les défendre pouce à pouce car il y a une génération d'Algériens qui vient et qui voit le monde avec d'autres yeux.»Dans le débat avec la salle, Bouteflika a eu à répondre à plusieurs questions. Il a à chaque fois donné des réponses rassurantes comme à de Caffarellis, président de la Chambre de commerce française en Algérie, sur «le grand oued» qui existe entre les réformes et leurs actions sur le terrain ou Wessang, du Syndicat national de l'industrie pharmaceutique, sur 30 projets d'investissement en attente, d'un montant de plus de 300 000 euros et créateurs de 5 000 emplois. Sur ce dernier point, Bouteflika a répondu en soulignant qu'«il est de notoriété publique qu'il y a une maffia du médicament en Algérie».[ADF3]
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