Ismaïla Sarre
19 Février 2002
La première réunion panafricaine syndicale sur le rôle des travailleurs et des syndicats africains dans le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique se tient depuis hier, lundi 18 février, à l'hôtel Indépendance. Organisée par le Bureau international du travail (Bit), cette rencontre va permettre aux participants venus de différents pays de la sous-région de se pencher pendant trois jours, sur le Nepad et voir dans quelle mesure il peut contribuer au développement de l'Afrique.
Le retard consaté dans le processus de développement de l'Afrique fait l'objet depuis plusieurs années, de graves préoccupations dans les milieux politiques, économiques et sociaux du monde entier. En réponse, les Etats africains avec leurs partenaires au développement ont élaboré et mis en oeuvre au cours des deux précédentes décennies, plusieurs plans de redressement économiques et de réformes structurelles. Cependant force est de reconnaître aujourd'hui, que les résultats de toutes ces actions sont restés en deçà des attentes. C'est dans ce contexte, que le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique a vu le jour, à l'initiative de cinq chefs d'Etats africains, qui l'avaient soumis au sommet de l'Oua réuni à Lusaka, lequel l'a adopté le 11 juillet 2001, sous l'appellation provisoire de "Nouvelle initiative africaine".
Selon Moucharaf Paraiso, directeur du bureau de l'Oit pour l'Afrique sahélienne, "le Nepad est une initiative de grande envergure dont la réussite assurera la renaissance du Continent africain et son bon arrimage au processus de mondialisation". Il considère que c'est un programme ambitieux, "mais réaliste et réalisable". Cependant, ajoute-t-il, "il y a un point essentiel qui conditionne la réussite de ce vaste programme de développement qu'est le Nepad". Il s'agit du rôle de la concertation sociale et de la participation des partenaires sociaux, dans sa mise en oeuvre. Il estime en effet que les travailleurs africains ont toujours été à l'avant garde des peuples et que les syndicats africains ont également toujours été habityués à des sacrifices pour la sauvegarde de la paix sociale et du progrès social. C'est pourquoi il affirme que l'appel des Chefs d'Etat aux peuples africains pour la renaissance de l'Afrique contenu dans le Nepad, ne peut que renforcer leur sens de responsabilité historique. En outre M. Moucharaf Paraiso fait remarquer qu'il y a trois raisons fondamentales à la participation active des organisations de travailleurs, dans la mise en oeuvre du Nepad. La première est d'ordre politique car "il faut toujours consulter les groupes d'intérêt qui sont concernés au premier chef par les programmes de réformes économiques et sociales". La deuxième raison est d'ordre économique "car le succès de ces programmes dépend dans une large mesure du concours actif des agents et producteurs économiques que sont les travailleurs et les employeurs". La troisième raison est d'ordre social "car la paix sociale et civile est une condition sine qua non du progrès économique soutenu". Aussi lance-t-il un appel à l'endroit des employeurs et des travailleurs pour qu'ils apportent une contribution constructive dans le développement social et économique, en améliorant leurs capacités institutionnelles dans ce domaine.
Pour sa part Abdou Aziz Sow, délégué général au Nepad, souligne que la relation entre le Nepad et les organisations syndicales africaines procède de ce qu'aucune activité visant le développement économique ne saurait se faire de façon durable sans l'implication effective des travailleurs. Selon lui, le document de base du Nepad est une vision à long terme du développement de l'Afrique fondée sur le choix et l'application maîtrisée par les Africains des règles de l'économie mondiale. Cette vision du développement qui s'articule autour de stratégies prioritaires couvre des besoins spécifiques à satisfaire dans le court terme et devrait permettre à l'Afrique de bénéficier, dans les meilleurs délais, de conditions de développement similaires à celles en vigueur dans les pays développés.[ADF3]
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