Le Journal de l'Economie (Dakar)
Khoudia Diop
28 Février 2002
Dakar — Le débat mérite d'être recentré pour éviter des dérapages de toutes sortes au sujet du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique.
Le Président Abdoulaye Wade envisage d'initier une série de clarifications à ce sujet.
- "Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique avait bien démarré mais il est en train d'évoluer vers une fausse direction." C'est en ces termes que le président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade s'est exprimé le mardi 25 février dernier en ouvrant les travaux du colloque international organisé par le Centre d'études diplomatiques et stratégiques de Dakar sur le thème "la paix et la sécurité : enjeux diplomatiques et stratégiques pour la réussite du Nepad". Me Wade indique avoir constaté des déviations. "On s'éloigne de son contenu, de la stratégie qui était définie.
On est en train de glisser d'une gestion politique vers une gestion technocratique du Nepad", martèle-t-il. Il estime qu'une mise à niveau est nécessaire surtout au pour certains chefs d'Etat africains. "Le plan a été circonscrit par cinq chefs d'Etat d'où la nécessité de mener une campagne de sensibilisation pour les autres dirigeants africains", ajoute-t-il. "Tout le monde est animé de bonne volonté mais il n' y a pas d'harmonie. On ne parle pas le même langage", poursuit-il. Me Wade s'étonne également que certains Chefs d'Etat continuent de parler de leurs pays lors des grandes conférences ou séminaires sur le financement du Nepad avant de rappeler qu' "avec le Nepad, l'approche est régionale", rappelle-t-il. Le président de la République a profité de l'occasion pour expliquer la nécessité de recourir au secteur privé. Selon lui, "les Etats-Unis, l'Europe et le Japon se sont développés grâce au secteur privé, alors pourquoi pas l'Afrique", s'est-il interrogé. "Je ne dis pas qu'il faut se débarrasser de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international", a-t-il cependant précisé. A l'en croire, ces institutions ont beaucoup aidé l'Afrique, mais cela ne doit pas perdurer. Le secteur privé doit prendre en charge l'économie africaine car à long terme, les Etats devront se retirer de l'économie.
Pour le président de la République, la grande question à laquelle les Africains devront répondre est de savoir "comment faire pour que le projet puisse aboutir sans être dévié". Selon lui, "les forces d'inertie" n'ont rien compris. Il estime que "l'intérêt de l'Afrique et de l'économie mondiale réside dans la mobilisation d'investissements massifs pour la réalisation de ce projet". En outre, Me Wade est revenu sur les priorités du Nepad et les grands rendez-vous au cours desquels ce projet sera débattu. Il s'agit de la conférence des Chefs d'Etats qui aura lieu le 15 avril prochain et au mois de juin prochain au Sommet du G8 au Canada.[ADF3]
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