13 Mars 2002
Le nombre de réfugiés burundais s'étant inscrits auprès du bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour quitter la Tanzanie et rentrer chez eux a augmenté de façon significative, a indiqué lundi à IRIN une porte-parole du HCR.
Entre la deuxième semaine de février, où un nouveau système d'inscription a été mis en place, et le 7 mars, 16 000 personnes se sont enregistrées, a précisé à IRIN Ivana Unluova. Par comparaison, sur l'ensemble de l'année 2001, seulement 2 700 réfugiés ont été volontairement rapatriés, a-t-elle ajouté.
"Il est cependant important de différencier ceux qui se disent prêts à rentrer et ceux qui partiront vraiment," a tenu à souligner Mme Unluova.
Le HCR attribue cette hausse de demandes de rapatriement à plusieurs facteurs, notamment les trois dernières missions en Tanzanie de représentants du gouvernement burundais visant à encourager le retour des réfugiés, "la multiplication des échanges d'informations entre les deux pays", la pression accrue du gouvernement tanzanien en faveur du rapatriement des réfugiés, et "l'atmosphère générale régnant en Tanzanie et les informations diffusées par les médias" qui donnent l'impression aux réfugiés d'être indésirables.
Sans compter les personnes souhaitant rentrer chez elles, le nombre de nouveaux réfugiés admis dans les camps de la Tanzanie occidentale a considérablement chuté, a indiqué le Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires dans son dernier rapport publié la semaine dernière et intitulé "Les populations affectées dans la région des Grands Lacs".
Durant le premier semestre de 2001, les réfugiés du Burundi arrivant en Tanzanie étaient en moyenne de 2 000 par mois, note OCHA. En dépit de la persistance des affrontements et dans certains cas de la recrudescence des combats au Burundi depuis octobre 2001, les chiffres ont baissé à 400 par mois.
La place dans les camps existants est rare, relève OCHA et le gouvernement tanzanien s'est montré réticent à allouer de nouveaux sites possibles. Un site supplémentaire alloué près d'Ilagola, dans la région de Rukwa et situé à environ 150 kilomètres au sud des camps de réfugiés existants, nécessiterait la construction de routes et de ponts pour accéder à la région.
OCHA rappelle la "nouvelle position intransigeante" adoptée par le gouvernement tanzanien vis-à-vis notamment du contingent de réfugiés burundais.
L'agence de l'ONU mentionne la "règle des quatre kilomètres" qui restreint les mouvements des réfugiés à la périphérie immédiate des camps - limitant ainsi l'accès au bois de chauffage, aux programmes agricoles et aux perpectives d'emploi - et le décret émis en septembre dernier par le commissaire du district de Ngara, stipulant que tous les réfugiés résidant ou travaillant dans les villages sans papiers sont tenus de se rendre dans les camps désignés. En conséquence, 1 700 ressortissants burundais ont été envoyés de force dans des camps de Ngara et Kigoma en décembre 2001 et janvier 2002.
"A la lumière des déclarations publiques du gouvernement tanzanien, qui indiquent clairement une réticence à continuer d'abriter les réfugiés, et du message du gouvernement burundais avisant que le pays est désormais un lieu sûr, les réfugiés burundais craignent que la décision de les rapatrier ne leur appartienne pas," ajoute OCHA.
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