Fara Diaw
8 Juillet 2002
La place que doit occuper l'économiste de la santé dans le développement de la santé en Afrique était, samedi matin, le thème de la conférence, choisi par les membres du nouveau collège des économistes de la santé de l'ISS du CESAG. Cette conférence a été présentée par le Dr Lamine Farba Sall, enseignant à l'ISS, expert et consultant en économie de la Santé, pour de nombreuses organisations internationales.
Dans sa conférence, M. Lamine Farba Sall a dressé un tableau sombre des pratiques à l'aveuglette dans la gestion des systèmes de santé en cours en Afrique, où sévit, pourtant, une situation sanitaire des plus précaires dans le monde. Pour lui, l'idéal est que l'économiste de la santé travaille avec le médecin, car c'est un couple appelé à cohabiter pour le développement de la santé, surtout en Afrique, a, en d'autres termes, dit M. Sall, dans sa conférence.
Pour reposer solidement son argumentaire en faveur de ce que peut être la contribution experte de l'économiste de la santé, M. Sall a clairement laissé entendre dans sa conférence : "à l'examen de la situation sanitaire, on note un emballement de la machinerie des systèmes de santé des pays africains du fait d'une planification à l'aveuglette, de la gestion non préparée de la quantité extraordinaire de ressources financières qui s'est déversée durant ces dernières années dans nombre de nos pays de la part des agences et pays donateurs".
D'ailleurs, leur geste de "coopération" n'est impulsé que par la responsabilité morale devant la gravité de la situation sanitaire, sans un étayage solide de certains préalables de planification des priorités. En d'autres termes plus simple, c'est comme un chauffeur qui fonce sur un mur en klaxonnant, en espérant que l'obstacle sortira de son chemin
"Il y a une gestion à l'aveuglette, alors que les ressources sont faibles, voire s'affaiblissent inexorablement de jour en jour, devant la demande en soins de plus en plus grande". M. Farba Sall a indiqué, par ailleurs, que l'on observe dans de nombreux pays développés comme les Etats-Unis, la France et du reste de l'Europe, des gouvernements qui s'échinent à maîtriser les dépenses en santé, par des campagnes de prévention ardues de la maladie, des mesures sur la facturation, des directives sur la prescription, la promotion des génériques, etc.
"Pendant ce temps, a-t-il asséné, on observe une gestion à l'aveuglette avec des aberrations dans la répartition des ressources qui ne tiennent, parfois, même pas compte des besoins réels de la population, si elles ne sont pas guidées par le vouloir des médecins". Il a indiqué la nécessité de déterminer de nouveaux paradigmes sanitaires. Il a fait remarquer l'importance de la carte sanitaire, qui est une planification des ressources humaines, financières et matérielles, sur la base des données démographiques, géographiques et sanitaires du terrain.
"En somme, l'économiste de la santé doit aider à déterminer ce qu'il y a de mieux à faire, avec les ressources disponibles, pour la majorité de la population et de façon durable", a déclaré le conférencier.
"Même s'il y a de fortes rentrées d'argent issues d'un recouvrement des coûts rentables, on n'assiste pas à un remodelage à la baisse de la facturation des prestations de services", a expliqué M. Sall. Pendant que l'argent est thésaurisé, les populations continuent de "casquer"
Il a fustigé la tarification sauvage des structures de santé et les abus dans les demandes en dotation en équipements, les examens dit complémentaires demandées par les médecins, les longues prescriptions pharmaceutiques, et tant d'autres maux du système "qui font qu'il faut tout faire pour ne pas tomber malade "
"En Afrique, a-t-il dit, seule une faible minorité jouit d'une couverture sociale et nombre de pays tentent de développer de nouvelles sources alternatives de financement des soins de santé, car l'Etat ne peut pas tout faire et la santé a un coût". Et il faut, en vérité, que quelqu'un paye
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