Noraggo Paul Hiry
25 Juillet 2002
Une femme est décédée le vendredi 19 juillet 2002 au service gynécologie du Centre hospitalier régional (CHR) de Koudougou. Venue de Dydir, elle y a été admise en état de choc hémorragique causé par un trouble de coagulation. Elle a perdu beaucoup de sang et continuait d'en perdre même à son arrivée au CHR ce vendredi à 12 heures et cela, jusqu'à 20 heures, heure de son décès. Son sang ne se coagulait pas. Selon le médecin, Mme Sawadogo, deux solutions se présentaient pour la malade. Etre évacuée à Ouaga ou être transfusée. Mais aucune de ces deux pistes n'a été exploitée. Pour la première, la seule ambulance disponible était en mission à Ouaga. L'autre était en panne et était au garage.
Pour la transfusion, il n'y avait pas de sang disponible au laboratoire. Généralement, dans ce cas de figure, l'on fait appel à l'Association des donneurs de sang bénévoles (A.DO.SA.B) qui mobilise des donneurs. Mais là aussi, il n'y avait pas de poches pour recueillir le sang que ces donneurs étaient prêts à fournir. Théoriquement, les poches ne se vendent pas. Ce sont les hôpitaux qui les fournissent gratuitement. Mais à Koudougou, pour sortir les malades de ce genre de situations difficiles, une pharmacie a mis en vente du sang à 1 500 F CFA la poche. Malheureusement, le parent de la malade très démunie ne pouvait s'acheter une poche. Il avait même abandonné la malade pour chercher du secours auprès des parents.
L'équipe de garde a fait des mains et des pieds pour remonter la malade. Pour la réanimer, des produits de plus de 100 000 F, aux frais du service, ont été utilisés. L'administration de l'hôpital a été saisie du problème. Mais rien. Vers 19h 30, le parent est revenu avec 4 poches qu'il aurait achetées à 6 000 F. Mais il était déjà trop tard. La malade a rendu l'âme vers 20h. Selon le docteur Sawadogo, si la malade avait eu le sang à temps, elle aurait pu être sauvée. Il lui fallait 2000cc soit 4 à 5 poches de sang. Selon les explications du directeur général du CHR, Bourary Zongnaba, le problème des poches de sang n'est pas propre au CHR de Koudougou. Tous les hôpitaux vivent la situation. Il y a un an, le Projet population et la lutte contre le Sida (PPLS) les fournissait gratuitement. Ce projet a pris fin et aucun autre n'a pris le relais. Les hôpitaux sont maintenant obligés d'acheter les poches à la CAMEG, ce qui constitue selon les responsables du CHR une charge supplémentaire. Actuellement, le CHR de Koudougou a des arriérés de paiement à la CAMEG et le centre refuse toute livraison à crédit. Il faut payer avant d'être servi. Selon le directeur Zongnaba, depuis janvier, le CHR fonctionne avec une subvention de 3 mois, ce qui limite ses actions. Pour pallier le manque de poches, Koudougou est obligé de faire des emprunts à d'autres hôpitaux.
Le DG pense que le problème trouvera une solution très prochainement parce qu'un projet de transfusion sanguine est en création. Ce projet prendra en compte le problème de poches et bien d'autres relatifs au sang. Mais en attendant, quelle solution pour le problème des poches de sang dans les hôpitaux ?
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