Les derniers évènements, qui se sont déroulés dans le nord de notre pays, ont dévoilé au grand jour la totale inimitié de l'Etat algérien à l'encontre de notre peuple. L'arrogance des forces militaires espagnoles (hantées sans doute par l'esprit d'Abdelkrim) n'a suscité la moindre solidarité de la part de notre voisin de l'Est, lequel a préféré porter le masque de l'ambiguïté en déclarant se ranger du côté de «la légalité internationale». Même le dénouement précaire concernant cette affaire de l'îlot marocain ne semble pas avoir plu à une Algérie non contente de voir le Maroc réussir à gérer, avec diplomatie et intelligence, les crises qui enveniment les rapports maroco-espagnols.
Quelques jours après, voilà cette même Algérie qui s'agite avec beaucoup de zèle dans les coulisses de l'O.N.U pour obtenir qu'une résolution internationale nous condamne à partager notre territoire . Mais l'histoire est toujours là pour confirmer que les thèses algériennes ne prendront jamais le dessus puisque le Maroc est un pays très estimé par ses amis séculaires. La médiation américaine dans l'affaire de l'îlot Leïla est un exemple éloquent qui n'a pas besoin de commentaire. C'est même une reconnaissance préliminaire et le début d'un règlement de la question de la souveraineté totale sur nos provinces du nord et du sud.
Pour les Américains, les Européens et en premier lieu les Espagnols, le Maroc est irremplaçable au sujet de l'option, disons «Stabilité Totale» dans le Détroit. Cette évidence est indéniable car la position géographique de notre pays l'impose. Les Américains, en particulier, connaissent parfaitement la grande valeur de la carte marocaine. C'est pour cette raison que le fait géographique marocain restera éternellement un solide rempart, monumental et infranchissable, devant les visées algériennes. Ce qui m'écoeure aujourd'hui, c'est cette impossible construction du Maghreb à cause d'une Algérie déterminée à démembrer (vainement !...) notre pays. Notre voisin s'acharne à rétablir les vils intérêts de l'ancienne puissance coloniale dans le seul dessein de parvenir aux rivages interdits de l'Atlantique.
Depuis mon jeune âge, j'étais un Maghrébin convaincu. J'espérais qu'un jour, cette UMA fera ses premiers pas pour grandir dans l'intérêt de nos enfants. Avec le temps, j'ai réalisé que cette UMA dont parle l'Algérie n'est qu'une chimère à laquelle il ne faut plus du tout croire. Feu S.M. Hassan II avait manifesté à maintes reprises sa bonne foi et sa bonne volonté pour que cet ensemble maghrébin voie le jour. Hélas !Notre voisin a préféré, avec ses tergiversations et ses manigances, déchirer les plus belles pages de notre histoire commune.
Aujourd'hui pour être franc et sincère, je n'ai plus cette conviction. Je pense même qu'il n'est plus question d'en avoir, car le comportement de l'Algérie cache mal sa haine viscérale contre notre pays qui dans le passé récent, était totalement aux côtés de l'Algérie pour qu'elle recouvre son indépendance. Tous les sacrifices matériels et humains du Maroc (Pour plaire à Dieu, Le Grand et Le Miséricordieux...) n'ont pas dissuadé nos voisins qui, aujourd'hui, s'acharnent sur notre nation. Je n'oublierai jamais le pragmatisme de l'ancien ministre marocain M. Abdellatif Filali qui avait décidé le gel total de toutes les activités de l'UMA au Maroc. Cette décision, amère certes, est à mon sens très, très juste et nous impose de nous tourner vers l'avenir en ne comptant que sur nous-mêmes sans miser sur cette UMA, construction utopique prononcée simplement du bout des lèvres par les responsables algériens. I1 n'y a plus rien à espérer dans cette union qui n'en est pas une! Ce fatalisme, imposé par l'inimitié algérienne à notre égard, suggère qu'on aille même loin pour annuler purement et simplement tous les accords (sur papier...) de cette UMA dont toutes les instances sont pratiquement inutiles...

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