Mohamed Semlali
2 Septembre 2002
Par leur beauté naturelle, les côtes de l'Afrique du Nord attirent de plus en plus les touristes. Ces derniers, maghrébins ou étrangers, sont souvent à la recherche de coins où le sable est fin et où la mer est calme. Les soirs sont réservés aux promenades, aux spectacles, à la télévision et à la lecture. A première vue, les sciences ne semblent pas avoir leur place parmi ces occupations estivales. Pourtant, c'est la nouveauté de l'été 2002, à Tunis comme à Tanger. «La science en fête» de Tunis et «le Festival des sciences» de Tanger ont fait le bonheur de centaines de personnes.
Comme Tunis, Tanger a vécu cette année un été très particulier. En plus des festivités de la fête du Trône, les Tangérois ont eu droit au Festival des sciences, le premier du Royaume. Cette initiative fut l'oeuvre de la fondation Sigma pour la culture, l'éducation et les sciences. Organisée sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette manifestation bénéficia du soutien du secrétariat d'Etat à la recherche scientifique et du ministère de la prévision économique et du plan.
L'autre particularité de ce festival est qu'il fut organisé en partenariat avec l'Université Abdelmalek Essaâdi. D'autres manifestations ont pu avoir lieu, en partenariat entre une université marocaine et une association de la société civile, mais elles étaient toujours limitées dans le temps et l'espace. Le festival a duré deux semaines, et les sciences furent fêtées dans une dizaine d'endroits.
Le Festival des sciences de Tanger a enregistré la participation de quatre ministères et de plusieurs établissements publics et privés. Il comportait quatre expositions permanentes, des conférences, des tables rondes et des activités scientifiques accessibles au grand public.
L'exposition principale eut lieu à l'école Al Amana, mise gracieusement à la disposition de la Fondation par ses propriétaires. A cette foire des sciences, l'Université Abdelmalek Essaâdi (Tanger-Tétouan) a présenté les différentes formations qu'elle propose, et Irchad Attalib de la Direction de la formation des cadres a renseigné sur les possibilités qu'offrent les établissements d'enseignement supérieur au Maroc. La Direction de géologie du ministère de l'Industrie, du Commerce, de l'Energie et des Mines a exposé les cartes géologiques du royaume. La sensibilisation aux problèmes de l'environnement a été assurée par l'exposition de la direction de l'environnement, de l'urbanisme et de l'habitat. L'Office national de l'eau potable, par ses cassettes vidéo et son matériel, a souligné l'importance de l'eau et des étapes de son traitement. Le Centre de développement des énergies renouvelables a présenté, en plus de ses brochures, une malle dont les éléments électroniques permettent de transformer et d'emmagasiner l'énergie solaire. La Délégation régionale de l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail a exposé certains prototypes, résultat évident du travail sérieux des étudiants. Le musée de Maroc Telecom, quant à lui, a présenté des panneaux sur l'apparition et le développement des télécommunications dans le monde et au Maroc. quelques panneaux, présentant les sept derniers Souverains Alaouites et certains textes de loi qu'ils ont promulgués, sont une véritable histoire des télécommunications au Maroc. On y apprend, par exemple, que le premier téléphone fut installé à Tanger en 1883 sous le règne de Moulay Hassan I. La salle des hologrammes, rassemblés par la Société marocaine d'optique (SMOP), fut l'une des principales attractions du festival. Elle fut, en quelque sorte, le complément de l'exposition des images à trois dimensions, élaborées par l'artiste Moulay El Ouazzani. L'Ecole normale supérieure de l'enseignement technique de Rabat et la société Malabo ont exposé du matériel didactique. L'importance de ce matériel fut mise en évidence par les expériences, faites par l'Association des professeurs de physique. L'association des préparateurs des laboratoires scolaires et universitaires de Tanger a ébloui les visiteurs par ses expériences chimiques spectaculaires. Quant à l'Association de lutte contre le sida, elle a pu continuer son noble et pénible travail de sensibilisation.
La deuxième exposition eut lieu au Pavillon international et fut consacrée aux documents du ministère de la Prévision économique et du plan et aux grands projets du nord du Royaume. Les panneaux correspondant à ces derniers projets ont été mis à la disposition de la Fondation par la délégation du ministère de l'Equipement et par l'agence pour le développement économique et social des provinces du Nador.
Le musée d'art contemporain de Tanger accueillit l'exposition "Quand la science rejoint l'art" de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Paris).
Quant à la quatrième exposition, exclusivement consacrée à l'environnement, elle fut organisée, conjointement, par l'Association des enseignants des sciences de la vie et de la terre et la société de protection des animaux et de la nature, au siège de cette dernière.
Le festival des sciences, c'était aussi des conférences et des tables rondes, consacrées aux différents thèmes scientifiques, tels que: les sciences dans les pays arabes; mondialisation et défis de l'enseignement supérieur; les énergies renouvelables; changements climatiques et vulnérabilité environnementale; pollution environnementale; gestion intégrée de la zone côtière de la péninsule Tangitane; réforme pédagogique universitaire et enseignement des sciences; lumière et univers; naissance et mort des étoiles; dialogue science et art; image et langage; les nouvelles technologies de communications; apport des sciences humaines aux sciences exactes, médecine et plantes médicinales; la politique du médicament au Maroc.
Le festival des sciences, ce fut enfin des loisirs associés à la culture scientifique. Ainsi furent organisés: un tournoi d'échecs pour les trois catégories de joueurs, un concours de puzzles pour enfants, grâce à l'assistance de la garderie "Les Flamands roses", un concours pour internautes, des projections de films documentaires en plein air, des séances d'observation des étoiles à l'aide d'un télescope, emprunté à la faculté des sciences d'El Jadida. Ces activités d'animation scientifiques ont été consolidées par la participation des unités mobiles de l'ONEP et de la direction de l'environnement, par une visite au parc de la compagnie éolienne du Détroit et par une excursion aux environs de Tanger, pour voir l'état de l'environnement.
Le Festival des sciences se voulait un espace où scientifiques et industriels, en exposant leur matériel et en donnant des explications aux visiteurs, pouvaient mieux se faire connaître, tout en informant les visiteurs sur l'intérêt de leurs domaines respectifs. Désormais, les universités, les offices, les centres de recherche et les industriels disposent d'une opportunité supplémentaire pour communiquer, ce qui ne peut que satisfaire le grand public, et participer à la promotion de la culture scientifique. Le Festival des sciences, c'est aussi une activité que pourra assurer la Cité des sciences, projet principal de la Fondation Sigma.
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