Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Un professionnel de la photo pornographique dans les filets de la police

Kinshasa — Dans le secret de certains appartements de Gombe, loin des regards indiscrets, certains expatriés poursuivent allègrement leur carrière de professionnels du film, de la cassette vidéo ou de la photo pornographique. En toute impunité. Le métier, avons-nous appris, nourrit son homme. Et ce ne sont pas des acteurs qui font défaut. Jeunes garçons et jeunes filles, ils se recrutent dans les quartiers mal famés de Kinshasa et dans les milieux très pauvres de la capitale.

Le salaire, quelques billets de dollars, suffit pour attirer une main-d'oeuvre abondante; meilleur marché et acquise à la cause. Dans ces réseaux, la loi du silence est de stricte rigueur pour garantir la prospérité de l'affaire. En cette matière de la pornographie, le chef d'entreprise est puni autant ou si pas plus que ses " travailleurs " devenus ses complices; Les commissionnaires ou agents de recrutement ont eux aussi leur part du gâteau. Chaque nouvelle unité recrutée rapporte gros en primes. Il n'y a qu'en Afrique où ce genre d'entreprises tenues par des expatriés, exploitant la misère de la population locale trouvent un champ de prédilection.

Un chantage rapporte quelques milliers de dollars aux complices véreux Dans les milieux des spécialistes de la pornographie à Kinshasa, on en parle, un expatrié a eu maille à partir avec ses collaborateurs. L'affaire remonte au mois d'août dernier. Tout pourtant, avait bien commencé. Les nouvelles recrues informées des conditions d'embauche, ont accepté de renforcer l'équipe des acteurs.

On signale que les premières séances d'amour entre un ancien collaborateur et une nouvelle unité, ont été fixées sur la pellicule sous le regard enthousiaste du photographe. L'expression corporelle et les différentes positions affichées par les acteurs - ce spectacle qui se déployait sans un fond sonore, n'a pas exigé ni un entraînement particulier, ni des retouches - déterminent l'embauche. L'expatrié, laisse-t-on entendre, a l'oeil du maître, celui qui sait choisir non seulement les acteurs, mais propose les scenarii à photographier.

Tout s'est bien passé au point qu'un horaire de séances était établi pour chaque acteur et chaque actrice. Le jeune homme rêva alors de se faire de l'argent sur le dos de son " employeur ". Il inventa une mission d'enquête qui devait être exécutée par ses copains. Déguisé en prévenu, le jeune homme conduisit les enquêteurs au domicile de l'expatrié où l'on surprit des albums de photos pornographiques. Les pièces à conviction étaient là disponibles, indiscutables. Des menaces d'arrestation et d'expulsion brandies contre le professionnel de la photo ont amené ce dernier à négocier avec les "agents de l'ordre ". Ce chantage rapporta, ajoute-t-on dans les milieux, un pactole de 3.500 dollars aux enquêteurs.

Mal les prit de revenir quelques semaines plus tard, sous prétexte qu'ils n'avaient pas été désintéressés de l'affaire. Ils exigeaient cette fois une rallonge. Devant la fermeté des " agents ", l'homme se plia à leurs exigences, estimant qu'il avait satisfait à la plupart de leurs réclamations. Ce chantage qui a tout d'une arnaque fut dénoncé dans les milieux où les professionnels ont juré de porter plainte contre les escrocs. La suite ? On ne le saura jamais. Car, même si la victime en a parlé à ses amis et ces derniers aux leurs, l'affaire s'est ébruitée malgré la loi du silence.

La justice doit lâcher sur le terrain des enquêteurs inflexibles L'exploitation des rapports sexuels à titre commercial, la diffusion et la distribution des photos, des cassettes vidéo et des films pornographiques est un trafic qui n'honore ni les membres des différents réseaux ni les pseudo-enquêteurs attirés par le goût de l'escroquerie. Police et justice doivent lâcher à travers la ville, particulièrement à Gombe où prolifèrent ces entreprises clandestines de production et de vente du matériel pornographique avec des Congolais comme " acteurs ". La dignité de nos compatriotes a été sacrifiée sur l'autel de petits intérêts. Il y a lieu de la rétablir en frappant sévèrement tous les membres de ces réseaux de prostitution. Ce ne sont ni des policiers ni des inspecteurs de police judiciaires qui manquent à Kinshasa. Avant l'entrée de l'Afdl, le parquet de grande instance de la Gombe était tombé sur l'un de ces réseaux. Appréhendés, les prévenus sont passés aux aveux, ne pouvant contester les accusations de leurs collaborateurs révoltés par les maigres primes. Affaire à suivre !

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