Libération (Casablanca)

Maroc: Dialyse au CHU Ibn Sina: Privés d'aides, les bénéficiaires comptent protester

Leila Hallaoui

14 Novembre 2002


Les choses ne s'arrangent pas du tout pour les insuffisants rénaux qui suivent leur traitement par dialyse au CHU Ibn Sina de Rabat. L'aide providentielle du ministère de la Santé n'a pas été à l'heure de l'attente qui s'éternise. Les 93 malades démunis adhérents de l'Association des insuffisants rénaux seraient même prêts à observer un sit-in à partir de la semaine prochaine. La protestation semble devenir l'unique moyen d'attirer l'attention vers une crise dont les origines sont intimement liées au tarissement du budget de l'Association. Sans l'appui gouvernemental et de bienfaiteurs, il n'y a plus lieu d'espérer que ce centre d'hémodialyse pourra assurer sa mission pour encore longtemps.

Le compte à rebours pour la rupture des stocks des produits d'hémodialyse, notamment l'"Acetate" et les kits, a déjà commencé. Il ne resterait que quatre ou cinq jours de traitement garanti pour les adhérents du centre. L'Association tente de prévenir la crise par des appels SOS au ministère qui ne s'est pas encore manifesté à ce sujet.

Le Centre d'hémodialyse du CHU Ibn Sina vit, depuis mi-octobre, sur des charbons ardents en raison de la rupture du stock du produit «Acetate». Le ministère en a été averti à trois reprises : les 21, 23 et 25 octobre sans qu'il ait un écho quelconque. Ce n'est que grâce à l'intervention d'un bienfaiteur que l'Association a pu dépasser momentanément la crise en se dotant d'un stock de 8 jours pour les 93 insuffisants rénaux. L'angoisse ressurgit donc fatalement d'autant que les kits aussi semblent se consumer petit à petit. Suivant ce calcul réaliste, il n'y a plus d'espoir que les adhérents de l'Association puissent bénéficier des séances d'hémodialyse habituelles.

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Le ministère avait promis pourtant qu'il s'occuperait de ces malades démunis en leur assurant la prise en charge. Et ce, par le renouvellement des stocks de manière continue. Chose qui marquait presque toujours, à en croire le responsable de l'Association, des retards et enclenchait de ce fait une angoisse ponctuelle. A la fin du mois dernier, le ministère n'a pas répondu à l'appel du centre qui réclamait un nouveau stock d'"Acetate". On se préparait à la nomination de la nouvelle équipe qui sera à la tête du ministère de la Santé. Maintenant que c'est chose faite, c'est le doute qui prend place. Comment compte-t-on régler ce problème ? Est-ce que le centre sera toujours pris en charge par le département ? Des questions qui interpellent logiquement les malades nécessiteux pour qui le traitement par dialyse est une question de vie.

Si la situation reste immuable, le centre risque de rendre son tablier en annonçant à ses adhérents qu'il ne pourra désormais plus les prendre à sa charge. Car cela se chiffre à une somme de 17 millions de centimes par mois. Un budget colossal que ne pourrait, certes, pas assurer l'Association démunie de sources de donation.

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