Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Un faux comptoir de diamants découvert dans une chambre d'hôtel

Kinshasa — Doté d'un équipement moderne, un faux comptoir d'achat de diamants de joaillerie a ouvert ses portes depuis le 18 novembre dernier, dans une chambre d'hôtel de la place. Il opérait en toute clandestinité et à l'insu du personnel de cet établissement hôtelier de la Gombe. Son prix au carat très rémunérateur et une discrétion totale assurée dans les opérations d'achat de pierres précieuses, l'information a vite circulé dans les milieux de trafiquants de diamants et a défrayé la chronique.

Tous les comptoirs de diamants ont alors trembloté à l'idée de voir cette nouvelle entreprise supplanter toute la concurrence, semer le trouble dans la profession et râler toute la clientèle. même les comptoirs célèbre pour leurs performances ont transpiré à grosses gouttes. Tous ont cherché à connaître l'identité de cet intrus mystérieux, son chiffre d'affaires et ses projets d'avenir pour la RDC.

Dans la quête de ces informations, la Commission de lutte contre le trafic illicite des matières précieuses créée par le ministère des Mines et regroupant en son sein des agents du Centre d'évaluation, d'expertise et de certification de matière précieuses ainsi que des éléments de l'Inspection provinciale de la police-ville de Kinshasa est mise au parfum de cette affaire.

Une enquête ouverte dans le fameux comptoir d'achat de diamants Une séance de travail de plus de deux heures a permis aux éléments de l'Inspection provinciale d'étudier les stratégies pour surprendre les tenanciers de ce comptoir en flagrant délit. Pour la mission aussi délicate que complexe, les policiers se sont entourés de toutes les précautions d'usage. Une réquisition d'information du Parquet général près la Cour de sûreté de l'Etat, un mandat de perquisition et un ordre de mission en bonne et due forme.

Pour leur part, les membres de la commission, agents du CEEC ont lâché de faux trafiquants sur les pistes de mystérieux acheteurs de diamants. Quelques contacts préliminaires ont assuré de passerelle aux négociants congolais. Avec les fameux acheteurs, ils ont convenu d'un prix très rémunérateur au carat et la possibilité d'écouler plusieurs colis de diamants dans la plus grande discrétion. .La commission de lutte contre le trafic illicite de matières précieuses avait reçu toutes les informations dont elle avait besoin sur les activités de ces clients de l'hôtel.

Un matériel pour l'évaluation, l'expertise et la certification saisi Dimanche 24 novembre, une équipe dirigée par le Capitaine Matata Bembe, chef de bureau au Bataillon de la police d'investigations criminelles arrive à l'hôtel vers 8 heures. Selon les renseignements fournis par le concierge, les mystérieux tenanciers n'ont pas encore quitté leurs chambres. L'un, M. Albert, occupe le 426 tandis que son associé, M. Jhon Harrison, s'est installé au 811.

Ce dimanche matin, les agents de l'hôtel réclament les serviettes sales. M. Albert leur prie de repasser après. Au même moment, les policiers se présentent au fameux client qui se barricade dans sa chambre. La résistance est manifeste. Les dirigeants de l'hôtel mis à contribution, ont invité le client à ouvrir sa chambre. L'homme cède.

Dans sa chambre 426 ce fameux comptoir d'achat de pierres précieuses, un matériel moderne traînait sur la table de chevet. Il s'agit d'une balance, d'un sélectionneur de diamants, une loupe et une calculatrice. Une surprise de taille attendait les policiers dans la chambre 811: une somme de plus de 100.000 dollars américains y était gardée à l'insu du personnel hôtelier.

Les deux suspect, sur base de ces effets, furent interpellés. Mais c'est en route pour l'inspection provinciale de la police que l'un de deux associés, M. Jhon Harrison, s'est taillé. Selon des informations en notre possession, c'est homme, sujet sud-africain, a regagné Johannesburg par le vol de ce dimanche.

Après le rapport du Panel d'experts de l'Onu...

Mis aussitôt aux arrêts après quelques aveux, M. Albert fut identifié comme étant un sujet congolais. Son nom est Kanda et a pour post-nom Mwika. Il réside en Afrique du Sud et vient souvent en RDC pour les affaires. Les plus connues sont l'achat et l'exportation frauduleuse des diamants. Ils ont séjourné à plusieurs reprises à Tshikapa et à Kwango, non pour prospection, mais pour achat des pierres précieuses.

Au moment où le rapport du Panel des experts de l'ONU fait des vagues dans les milieux officiels et d'affaires, voilà des trafiquants de diamants qui se signalent comme des pilleurs de ressources minières de la RDC. Ils ont violé la législation minière en séjournant illégalement dans les zones minières, en détenant le matériel d'évaluation, d'expertise et de certification et en procédant au trafic illicite de diamants.

A l'issue de cette enquête, M. Albert Kanda Mwika ainsi que les pièces à conviction ont été transferés au Parquet général près la cour de sûreté de l'Etat pour disposition et compétence.

Affaire à suivre!

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