La Tribune (Algiers)

Algérie: En grève de la faim depuis le 3 décembre, l'état de santé des détenus est très grave

Lakhdar Siad

28 Décembre 2002


L'état de santé des détenus du mouvement populaire, en grève de la faim depuis le 3 décembre dernier, s'est dégradé dangereusement ce week-end, à en croire leurs parents, comme l'atteste le nombre incalculable d'évacuations de la maison d'arrêt de Tizi Ouzou vers le CHU de la même ville depuis quelques jours.

Pis, les délégués de la coordination communale de Tizi Ouzou ont, dans un communiqué rendu public jeudi dernier et lu durant le colloque sur Abane Ramdane à Larbaa Nath Irathen le même jour, fait état de la détérioration de l'état de santé des grévistes de la faim, accusant «le pouvoir maffieux et assassin, par le biais du procureur général de la cour de Tizi Ouzou», d'avoir franchi la ligne rouge en décidant «d'isoler nos frères détenus, grévistes de la faim, dans des cellules où le minimum de dignité humaine n'est pas garanti [cellules sales et glacées]». L'information selon laquelle les détenus ont été séparés a été confirmée par Rachid Allouache -l'un des détenus en grève de la faim- aux membres de sa famille qui ont pu rester avec lui un moment mercredi dernier au soir lors de son transfert vers le pavillon des urgences du CHU de Tizi Ouzou.«On nous a mis chacun dans un cachot glacé et sans sanitaires.

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Les conditions de notre détention sont dangereuses», aurait-il articulé difficilement dans un état de grande fatigue, affirment certains de ses visiteurs à l'hôpital. D'après ces mêmes personnes, c'est après que Belaïd Abrika et ses camarades de cellule eurent refusé de recevoir dans leur cellule le procureur général que cette décision d'isolement a été prise. Par conséquent, la coordination de Tizi Ouzou voit en cet acte une «volonté de la part de Bouteflika, Zerhouni et consorts d'accélérer la mort de Abrika, Nekkah, Allouache, Chebheb, Allik et Makhloufi».A cet effet, il est lancé un appel à la population et les forces vives de la nation, éprises de liberté, de dignité et de justice, à réagir vite, très vite, avant qu'il ne soit trop tard, poursuit le communiqué de la CQVTO.D'autre part, lors du colloque sur Abane Ramdane, Redha Malek, El Hachemi Cherif et Brerhi ont demandé la libération des détenus emprisonnés depuis près de deux mois et demi.

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