Midi Madagasikara (Antananarivo)

28 Mars 2003

Madagascar: Police des moeurs et des mineurs : 260 affaires sur les mineurs en trois mois à Tana

Depuis le mois de janvier 2003, la Police des Moeurs et des Mineurs (PMM) du Commissariat Central, a traité jusqu'à 260 affaires touchant directement les mineurs dans la ville d'Antananarivo. De prime abord, ce chiffre n'est pas alarmant par rapport au million cinq cents mille habitants de cette ville. Mais suivant les échos dans les médias, les mineurs sont victimes tous les jours d'actes de violence tant physique que morale. Mais ce chiffre n'est pas exhaustif, car plusieurs cas ne sont pas répertoriés dans les fichiers de la police, les victimes ayant peur de s'y présenter. Parmi ces affaires, on dénombre 14 cas d'incestes, 90 détournements de mineurs, une dizaine de mauvais traitements d'enfants, 3 cas de proxénétisme et 145 fugues et disparitions d'enfants.

Mauvaises moeurs

Outre ces manquements au droit des enfants, la PMM traite également des dépravations aux moeurs, tels que les viols, l'attentat et l'outrage à la pudeur, l'adultère, les coups et blessures volontaires Aux dires du chef de la PMM, Mme Ralainaivo Ramahery Florence, son bureau s'est occupé au mois de janvier de 229 enquêtes dans l'ensemble, contre 246 au mois de février. Et en ce mois de mars qui touche à sa fin, elle a répertorié 223 affaires. Ce qui donne pour ce premier trimestre, un total de 700 affaires dont doivent s'occuper les 25 personnes travaillant dans cette unité. Elles sont encadrées par deux femmes commissaires et 5 sous-officiers. Ce nombre restreint résume le problème majeur que la PMM rencontre : un manque de personnel doublé d'une lacune en matériels (deux machines à écrire en tout). De fait, certains dossiers et procès verbaux sont des manuscrits. Or, les affaires doivent trouver une première issue dans un délai de 48 heures. D'où, l'appel qu'elle lance aux autorités compétentes. Par ailleurs, les responsables tiennent à louer l'effort constaté au niveau des tribunaux. Dans environ 90% des affaires qui leur ont été soumises, les auteurs ont été placés sous mandat de dépôt automatique par les magistrats. Un début de résultat du « fahamarinana » et du « fahamasinana » ?

Prostitution infantile

Quant à la prostitution des mineures, la PMM déplore l'absence de statistiques et de descente sur terrain depuis le début d'année 2002. En effet, faute de voitures de service à leur disposition, alors que les opérations se passent souvent la nuit, les enquêteurs ont cessé de visiter les lieux où se tient ce commerce sexuel. Des endroits spécifiques ont été identifiés, comme les quartiers populaires (Behoririka, Tsaralalàna, Besarety, Antaninarenina), où l'on commence à voir des jeunes garçons tapiner ! L'âge moyen de ces enfants se situe entre 12 et 13 ans. La prostitution des mineurs est un véritable problème de fond lié étroitement à la pauvreté de notre population. Les facteurs qui favorisent cette prostitution infantile sont la misère, l'échec scolaire, les problèmes familiaux, les parents séparés et quelquefois, la drogue. Ils ont eu en moyenne leur première expérience sexuelle à l'âge de 12 ans. Certains des prostitués et des proxénètes racolent parfois jusque dans les établissements scolaires. Ils débauchent ainsi les élèves et les intègrent dans une filière bien organisée, disposant de locaux. Les contacts se nouent dans les hôtels, les bars, les boîtes de nuit et les casinos.

Tourisme sexuel

Les mineurs sont les plus prisés par les touristes sexuels. Les touristes français arrivent en tête de classement de ceux qui recherchent la prostitution infantile, selon la PMM. Si les cas sont rares à Antananarivo. Ils semblent, par contre, plus fréquents dans les villes de province (Toamasina, Antsiranana et Toliara) et les lieux touristiques (Morondava, Nosy Be, Sainte Marie ).

Notons que l'excitation des mineurs à la débauche est passible d'une peine de 2 à 5 ans de prison et d'une amende de 750.000 à 7.500.000 Fmg. Dans ces affaires minant la jeunesse malgache, la police ne peut que les traiter au quotidien. Pour ce qui est de la prévention, elle devrait relever d'un programme concerté, d'envergure véritablement nationale.

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